Nous avons tendance à croire que le changement climatique n’affectera que notre environnement. À tort, les effets en cascade affecteront de nombreux aspects de nos vies, y compris notre psyché. Dans le dernier rapport du GIEC, des experts expliquent ainsi que la transition écologique ne sera pas possible sans lutter contre les inégalités sociales, dont le fort impact psychologique est constaté depuis plusieurs années. Il existe de plus en plus de cas de nouvelles formes d’anxiété ou de troubles de l’humeur appelés éco-anxiété ou solastalgie. Ces deux termes, souvent utilisés de manière interchangeable, ne signifient pas la même chose. La seconde a été découverte par le philosophe australien et chercheur en environnement Glenn Albrecht, qui a construit sur le terme « nostalgie » tout en utilisant les racines grecques solacium (confort) et algia (douleur). Décrire une forme de détresse émotionnelle ou existentielle en lien avec la perte de lieux qui nous sont chers à cause du changement climatique. Pour certains, cette solastalgie est une inquiétude tournée vers l’avenir, pour d’autres elle est déjà arrivée car certains effets du réchauffement climatique ont déjà eu lieu (perte de coraux et de forêts, changement de saisons, affaiblissement de la biodiversité…). . Une étude de Nicholas Watts de l’Institute for Global Health (Université de Londres), publiée dans The Lancet, considère ainsi la solastalgie comme un facteur contribuant à l’impact du changement climatique sur la qualité de vie, et pouvant parfois se manifester par des formes de dépression ou d’autres troubles de l’humeur.
Anxiétés présumées ou Solastalgie
L’éco-anxiété s’apparente aux troubles anxieux, caractérisés par l’inquiétude croissante de nombreuses personnes quant à l’avenir de la planète. Dans son livre Les émotions du changement climatique, co-écrit avec le Dr Celie Massini, le Pr Antoine Pelissolo, chef du CHU Psychiatrie Henri-Mondor (Créteil), explique que cette anxiété environnementale est une anxiété putative avec un sentiment de blocage. Futur et irréversible. Lorsque la solastalgie a tendance à se concentrer sur le passé – une sorte de chagrin environnemental – l’anxiété écologique est perçue comme une impasse pour l’avenir. Ceci est exacerbé par la culpabilité, la sur-responsabilité et le paradoxe d’agir quand il est trop tard. Concept récent, il échappe encore à toute classification et le Pr Pelissolo met en garde contre la psychiatrisation de ces troubles. En effet, contrairement à d’autres troubles qui peuvent être associés à un problème de « traitement de l’information », comme, par exemple, une phobie de l’exagération du danger, l’éco-anxiété se veut une prise de conscience « adaptée » : ce n’est pas un « problème » se préoccuper de. un vrai danger qui menace la planète et sur lequel les scientifiques nous alertent depuis des décennies. Il ne s’agit donc pas de la minimiser, mais de rendre l’anxiété environnementale moins agressive : ne plus dormir, avoir une boule permanente au ventre, se sentir constamment en décalage avec son entourage social, etc.
Traitement autre que le traitement des troubles anxieux
Le psychologue aura une approche pour gérer ces symptômes plutôt que de tenter de changer la croyance « originelle », comme cela peut être le cas dans le traitement d’autres troubles anxieux. Nous essaierons aussi de traduire ce sentiment d’urgence en action et d’aider à sortir de cette forme d’impuissance tout en expliquant aux personnes conseillées que ces sentiments sont légitimes. Mais attention, il faut veiller à ne pas trop responsabiliser l’individu face à ce problème, et favoriser la prise de conscience que l’endiguement du phénomène de réchauffement climatique doit passer par une réponse collective, politique et législative.
Enfin, en plus de ces facteurs psychologiques internes, il ne faut pas oublier que le changement climatique a un impact « quasi-mécanique » sur notre santé mentale à travers l’augmentation des températures, l’augmentation des tempêtes et des sécheresses, la pollution de l’environnement, etc. Des maladies qui ont tendance à exacerber certaines pathologies voire à les déclencher. L’un des réflexes que nous devrions tous avoir est d’être plus en contact avec la nature. Les effets bénéfiques d’une promenade en forêt me paraissent le meilleur moyen de se rendre service et de se rendre compte de ce que l’on risque de perdre ou de déformer.

Grand fan de mangas et d’animes, je n’aime bien écrire qu’à propos de ses sujets, c’est pour ca que j’écris pour 5 minutes d’actus. Au quotidien de décortique, donne mes avis sur les différents épisodes et chapitres des mangas que j’aime lire.
