Soif d'amour: l'histoire de Badnam Basti, le premier film queer de l'Inde | Film - 1

Le cinéma queer en 1971 : un moment historique

En 1971, le cinéma queer connaissait un tournant majeur, sans que le terme « avoir un moment » ne soit encore utilisé. C’était après la décriminalisation partielle des relations sexuelles entre hommes consentants de plus de 21 ans en Angleterre et au Pays de Galles, et deux ans après l’émeute de Stonewall à New York. Des films comme Sunday Bloody Sunday, Death in Venice, Pink Narcissus, Women in Revolt, Daughters of Darkness et Boys in the Sand reflétaient les désirs queer de l’époque.

  • Contexte historique du cinéma queer en 1971
  • Badnam Basti : le premier film queer indien
  • La redécouverte de Badnam Basti en 2019
  • Les débats autour de la représentation queer dans le film
  • L’approche novatrice de Badnam Basti

Badnam Basti, premier film queer indien, est sorti brièvement en 1971 avant de tomber dans l’oubli. Réalisé par Prem Kapoor, il raconte l’histoire de Sarnam, un ancien bandit qui se retrouve dans un triangle amoureux avec une femme et un jeune domestique. Malgré l’absence de scènes aussi audacieuses qu’un baiser gay en gros plan, le film reste captivant.

Redécouvert en 2019 par des curateurs américains, Badnam Basti a suscité un intérêt mondial. Sa numérisation a permis d’en apprendre davantage sur son histoire et a conduit à sa restauration. Bien que la version complète de 132 minutes reste introuvable, la version de 108 minutes offre une amélioration significative.

Les débats sur la représentation queer dans le film sont nombreux. Certains remettent en question sa pertinence, tandis que d’autres saluent son approche nuancée de la queeritude. Pour Shai Heredia, Badnam Basti offre une vision normalisée des relations entre hommes, repoussant les normes sociales et donnant aux personnages une réelle liberté d’action.

Badnam Basti défie également les conventions cinématographiques avec sa structure fragmentée et ses techniques visuelles novatrices. Malgré son rejet des stéréotypes comiques queer habituels dans le cinéma indien, le film n’a pas trouvé son public à l’époque en raison de sa texture visuelle extraordinaire et de son rythme effréné.

En fin de compte, Badnam Basti était en avance sur son temps, offrant une perspective queer unique et radicale. Sa projection en décembre au Barbican de Londres permettra au public de redécouvrir ce film révolutionnaire et fascinant.

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