Nicolas Sarkozy, ancien président français, a vu sa peine confirmée par la cour d’appel pour corruption et trafic d’influence. Le tribunal a maintenu une détention d’un an à domicile avec un bracelet électronique. Cette peine avait été initialement prononcée en 2021 pour tentative de soudoyer un magistrat en échange d’informations sur une affaire dans laquelle il était impliqué. Il s’agit de la première fois dans l’histoire récente de la France qu’un ancien président est condamné à de la prison pour corruption. La peine totale de Sarkozy était de trois ans dont un an avec bracelet électronique et deux ans avec sursis. Il a également été interdit d’exercer des fonctions publiques pendant trois ans. Toutefois, ses avocats ont décidé de le défendre devant la cour de cassation, la plus haute juridiction de France.

Sarkozy nie toute malversation et son avocate, Jacqueline Laffont, a déclaré que son client était innocent et qu’ils allaient porter l’affaire en cassation. La cour a examiné des allégations selon lesquelles Sarkozy et son avocat Thierry Herzog auraient conclu un « pacte de corruption » avec un juge pour obtenir et partager des informations sur une enquête judiciaire. Les enquêteurs ont intercepté les deux lignes officielles de Sarkozy et découvert qu’il avait également une troisième ligne non officielle en 2014 sous le nom de « Paul Bismuth », par laquelle il communiquait avec Herzog. Le contenu de ces appels téléphoniques a conduit à la condamnation de Sarkozy pour corruption.

Le cas de Sarkozy n’est pas unique, il reste impliqué dans plusieurs affaires judiciaires. Il devra être rejugé en appel à partir de novembre 2023 dans le cadre de l’affaire Bygmalion, dans laquelle il avait été initialement condamné à un an de prison. Dans cette affaire, le parquet avait accusé l’équipe de Sarkozy d’avoir dépensé près de deux fois la limite légale pour sa campagne de réélection fastueuse en 2012, en utilisant une facturation fausse de l’agence de relations publiques Bygmalion. Il nie toute malversation.

La semaine dernière, les procureurs français ont demandé que Sarkozy soit jugé pour le financement présumé de sa campagne présidentielle de 2007 par la Libye de l’ancien dirigeant Mouammar Kadhafi. Le parquet le soupçonne de corruption, de financement illégal de campagne et de dissimulation de détournement de fonds publics. Les juges d’instruction n’ont pas encore statué sur l’ouverture éventuelle d’un procès.

Malgré ses problèmes judiciaires, Sarkozy reste une personnalité influente et populaire sur la droite de la politique française et est en contact régulier avec le président Emmanuel Macron. Jacques Chirac était le seul autre dirigeant français à avoir été condamné dans un procès pénal, il avait reçu une peine de deux ans avec sursis en 2011 pour corruption dans une affaire de faux emplois liée à son mandat de maire de Paris.

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