Vieillir et continuer à créer

Hayao Miyazaki, le grand maître japonais de l’animation, réalise un retour au conte de fées dans son dernier film, « The Boy and the Heron », après son film réaliste de 2013, « The Wind Rises ». À 82 ans, Miyazaki prend main son domaine de parakeets mangeurs d’homme et dim sum volants. Il a annoncé sa retraite à trois reprises, mais ce n’est pas le seul réalisateur à continuer à travailler malgré les années qui passent. Ridley Scott a réalisé un film sur Napoléon Bonaparte, Martin Scorsese continue à faire des films surprenants, Clint Eastwood, Woody Allen et Roman Polanski sont aussi encore actifs dans le milieu. Ken Loach, par contre, a indiqué que c’était fini pour lui à 87 ans.

Quentin Tarantino a déclaré qu’il arrêterait de réaliser après 10 films, pour ne pas gâcher sa filmographie avec des erreurs. Mais certains cinéastes refusent de quitter les plateaux de tournage et travaillent toujours, comme Martin Scorsese, qui a déclaré qu’il ne cherchait plus à prouver quoi que ce soit. Clint Eastwood, quant à lui, continue à réaliser parce qu’il aime ça. Les œuvres réalisées par des cinéastes plus âgés se distinguent souvent par une approche plus austère et concise, comme dans le cas de Ken Loach, qui a souligné que sa vue et sa mémoire lui posent maintenant des difficultés.

Ce qui est fascinant chez ces réalisateurs plus âgés, c’est que leur travail devient plus risqué et audacieux, comme on l’a vu avec l’album « Blackstar » de David Bowie ou les films récents de Scorsese et Scott. Ils abordent la mort, la violence et l’exploitation de manière franche. Scott présente une histoire de Napoléon qui remet en question les récits patriarcaux et autoritaires, et Scorsese démontre l’absurdité et la vanité de la narration historique. Les approches de ces réalisateurs sont donc uniques et radicales, mais ajoutent une nouvelle richesse à la culture cinématographique.

Mais alors qu’il est tentant pour les cinéastes de devenir des figures mythiques de leur propre cinématographie, certains réalisateurs, comme Woody Allen, refusent de s’attacher à l’idée de la postérité. Scott, quant à lui, remet en question l’histoire officielle et l’autorité des historiens, tout en révélant les motivations humaines et artistiques derrière la création et en dévoilant l’égoïsme et la mégalomanie qui l’entourent. Pendant ce temps, Miyazaki continue à travailler sur de nouvelles idées pour un prochain film, malgré le fait que « The Boy and the Heron » sera son dernier film. Parce que pour ces cinéastes en fin de carrière, leur passion pour le cinéma est plus forte que tout.