Niger ferme son espace aérien jusqu’à nouvel ordre en raison de la menace d’une intervention militaire d’un bloc régional, après que les chefs du coup d’État ont rejeté un délai pour rétablir le président destitué du pays.

Le représentant de la junte a déclaré dans un communiqué à la télévision nationale dimanche soir : « Face à la menace d’une intervention de plus en plus apparente… l’espace aérien nigérien est fermé à partir d’aujourd’hui ». Il a également déclaré qu’il y avait eu un déploiement préalable de forces dans deux pays d’Afrique centrale en préparation d’une intervention, sans donner de détails. « Les forces armées nigériennes et toutes nos forces de défense et de sécurité, soutenues par le soutien indéfectible de notre peuple, sont prêtes à défendre l’intégrité de notre territoire », a déclaré le représentant.

  • Niger ferme son espace aérien en réponse à la menace d’une intervention militaire régionale
  • Les chefs du coup d’État rejettent le délai pour rétablir le président destitué
  • Le représentant de la junte mentionne un déploiement de forces dans deux pays voisins
  • Les forces de défense du pays sont prêtes à défendre l’intégrité du territoire

Les chefs de la défense de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont convenu d’un plan d’action militaire possible, y compris le moment et le lieu des frappes, si Mohamed Bazoum n’était pas libéré et rétabli avant la date limite de dimanche. La CEDEAO n’a pas répondu à une demande de commentaire sur les prochaines étapes à suivre. Un porte-parole a déclaré plus tôt qu’un communiqué serait publié à la fin de la journée.

  • La CEDEAO prévoit une possible action militaire si le président n’est pas rétabli
  • Aucune réponse de la CEDEAO sur les prochaines étapes

En attendant, le ministre des Affaires étrangères de l’Italie a déclaré que la CEDEAO devrait prolonger son délai pour le rétablissement de Bazoum. Antonio Tajani a déclaré dans une interview publiée lundi : « Le seul moyen est le diplomatique. J’espère que l’ultimatum de la CEDEAO, qui a expiré la nuit dernière à minuit, sera prolongé aujourd’hui », a-t-il déclaré au journal La Stampa.

Des milliers de partisans de la junte se sont rassemblés dans un stade de Niamey, la capitale, pour saluer la décision de ne pas se retirer dimanche à la suite de la prise de pouvoir le 26 juillet qui a renversé le président élu démocratiquement, Bazoum. Le coup d’État, le septième en Afrique de l’Ouest et centrale en trois ans, a secoué la région du Sahel, l’une des plus pauvres au monde. En raison de ses richesses en uranium et en pétrole, ainsi que de son rôle central dans la guerre contre les militants islamistes, le Niger revêt une grande importance pour les États-Unis, l’Europe, la Chine et la Russie.

  • Des milliers de partisans de la junte célèbrent la décision de ne pas se retirer
  • Le coup d’État perturbe la région du Sahel

La semaine dernière, le Niger a révoqué les accords de coopération militaire avec la France, qui compte entre 1 000 et 1 500 soldats dans le pays. Les émissions de télévision de dimanche comprenaient un débat sur la solidarité encourageante face aux sanctions de la CEDEAO, qui ont entraîné des coupures de courant et une flambée des prix alimentaires. La menace militaire du bloc a suscité des craintes de nouveaux conflits dans une région où sévit déjà l’insurrection islamiste meurtrière qui a tué des milliers de personnes et contraint des millions de personnes à fuir.

  • Le Niger révoque les accords de coopération militaire avec la France
  • La CEDEAO impose des sanctions entraînant des conséquences économiques
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Toute intervention militaire pourrait être compliquée par la promesse des juntes qui gouvernent les pays voisins du Mali et du Burkina Faso d’intervenir en défense du Niger si nécessaire, affirmant que toute intervention militaire contre les nouveaux dirigeants militaires nigériens serait considérée comme une « déclaration de guerre ». La France a annoncé dimanche la suspension de l’aide au développement et de l’aide budgétaire au Burkina Faso.

  • Le Mali et le Burkina Faso promettent de défendre le Niger
  • La France suspend son aide au Burkina Faso

Le Premier ministre de Bazoum, Ouhoumoudou Mahamadou, a déclaré samedi à Paris que le gouvernement destitué croyait toujours qu’un accord de dernière minute était possible. Dimanche, l’Italie a annoncé avoir réduit le nombre de ses troupes au Niger pour libérer de la place dans sa base militaire pour les civils italiens qui pourraient avoir besoin de protection en cas de détérioration de la sécurité.

(Source : Reuters and AFP)