
Article du hors-série de L’Express « Trouvez la ville qui vous ressemble »
On a longtemps cru que pour loger de plus en plus de monde dans les villes, il n’y avait que deux possibilités : construire de plus en plus loin, ou de plus en plus haut. Mais il existe une autre voie, à laquelle on pense moins et qui, pourtant, s’avère extrêmement efficace : construire… sous terre. Et pour cause : le sous-sol permet d’agrandir la ville sans l’agrandir d’un centimètre carré ! Idéal pour préserver les espaces naturels et lutter contre l’étalement urbain. Par conséquent, les concepteurs et les architectes envisagent maintenant cette solution avec une attention croissante.
Il faut aussi être capable de suivre quelques règles de base, car toute personne de constitution normale préfère vivre au grand air. Il faut notamment assurer les connexions entre la cave et la ville, comme l’a parfaitement démontré la métamorphose réussie du Grand Louvre à Paris. « L’espace souterrain peut et doit être un espace de vie », résume l’architecte Monique Labbé, directrice du projet 10D Cities – Cities of Ideas et spécialiste de ces questions. Pour cela, une des règles est de créer des liens entre le donjon et la ville. La célèbre pyramide de verre de Yeo Ming Pei permet à la lumière du monde extérieur d’éclairer les espaces souterrains.
La gare de Viroflay (Yvelines) est un bon exemple d’aménagement souterrain.
/ © Hugo Hébrard
Pour l’aménagement harmonieux de nos sous-sols, il faut également porter une attention particulière à la sécurité. Car éteindre un feu en surface ou à 20 mètres de profondeur sous terre sont deux exercices différents. De même, pour éviter les risques d’inondation, mieux vaut privilégier les emplacements adaptés. « A Orly-Rungis, où je travaille, nous nous sommes installés à 30 mètres au-dessus de la vallée de la Seine. C’est clairement mieux que de faire le même projet en zone inondable », souligne Monique Labbé, résumant sa philosophie par la formule : « Il ne faut jamais ignorer la nature, mais entrer en dialogue avec elle.
Enfin, il y a la question du coût car, comme on peut l’imaginer, un projet développé en sous-sol coûte plus cher que le même posé au sol. En tout cas, au début. « Pour qu’une comparaison ait un sens, il faut aussi tenir compte de ce que les économistes appellent les ‘externalités’, comme l’impact environnemental, les bénéfices de transport, les économies d’énergie », souligne l’architecte Jean-François David, qui prépare un guide pratique d’utilisation le sous-sol pour ses collègues. Il arrive même que la solution la plus économique ne soit pas du tout celle que vous pensez.
Nos ancêtres sont arrivés à cette conclusion avant nous. En effet, les caves étaient utilisées par les ancêtres, que ce soit pour l’habitation (villages troglodytes), le stockage (vin, fromage), l’approvisionnement en eau (citernes de Constantinople) et, plus récemment, pour la sécurité (coffres d’église). Banque de France) et les transports en commun avec le métro.
Conçu par le célèbre architecte Renzo Piano, le studio photo du Château Lacoste à Bordeaux est en partie souterrain.
© / Stefan Abudaram
La montée des préoccupations environnementales redonne vie à cet espace parfois délaissé. Et des projets de qualité fleurissent sous nos pieds, comme en témoignent à Paris le nouvel auditorium de l’Institut de France (Marc Barany) ou les espaces souterrains de la nouvelle Samaritaine (Agence Sanaa + Lagneau + François Brugel). C’est aussi le cas du pavillon de la photographie au château de Lacoste à Bordeaux, conçu par Renzo Piano, ou en banlieue parisienne, dans les Yvelines, à la gare de Viroflay (ateliers Shall).
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Le musée Amos Rex à Helsinki est en partie souterrain.
/ ©2018 Tuomas Uusheimo: www.uusheimo.com
Les pays étrangers n’étaient pas en reste. La Finlande a montré la voie avec le Rex Underground Museum à Helsinki. Même succès en Espagne pour le centre culturel de Teruel, où l’utilisation d’un sous-sol a permis à la ville aragonaise d’installer cette grande structure en centre-ville sans détruire une seule maison.
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À Teruel, en Espagne, l’utilisation d’un sous-sol a permis de construire un centre culturel sans détruire une seule maison.
© / Architectes MI5 et PCMN
Ainsi, dans les années à venir, les opérations de ce type devraient se multiplier en France, qu’il s’agisse des stations de métro du Grand Paris ou de l’agrandissement de la mairie de Marseille. Il est vrai que le sous-sol a un autre avantage : son accessibilité.

Grand fan de mangas et d’animes, je n’aime bien écrire qu’à propos de ses sujets, c’est pour ca que j’écris pour 5 minutes d’actus. Au quotidien de décortique, donne mes avis sur les différents épisodes et chapitres des mangas que j’aime lire.
