
Grâce à l’énergie solaire, les habitants du village de Tula, situé dans les montagnes du nord du Liban, vont enfin pouvoir s’offrir une glace pour la première fois depuis deux ans, un vrai luxe dans un pays écrasé par la chaleur et mangé par des pannes de courant.
Alors que l’économie libanaise s’est effondrée en 2019 après des décennies de corruption et de mauvaise gestion, l’État ne peut pas fournir d’électricité plus d’une heure par jour.
L’hiver dernier, dans le village de Tula, l’électricité n’était fournie que trois heures par jour grâce à des générateurs privés.
« Les enfants réclament des glaces depuis deux ans, et voilà que le moment est enfin venu », se réjouit Jacqueline Younes, propriétaire du supermarché du village.
« Nous attendons l’arrivée de notre première commande de crème glacée », dit-elle avec enthousiasme.
Vue de panneaux solaires installés sur le parking d’un centre commercial à Byblos, au nord du Liban, le 26 août 2022. (AFP – JOSEPH EID)
« L’énergie solaire n’est plus une option, c’est une nécessité. Sans les panneaux, il n’y aurait pas d’électricité dans le village (Tula) », explique l’ingénieur Eli Geridge.
Il fait partie d’une équipe de bénévoles qui ont collecté plus de 100 000 € auprès d’expatriés à Tula pour construire une ferme solaire de 185 panneaux sur le terrain de l’église.
Ces volontaires ont travaillé avec la municipalité pour alimenter le générateur solaire du village, réduisant ainsi les coûts de carburant pour l’électricité du village.
Selon l’ingénieur, l’énergie solaire permet désormais de maintenir la lumière allumée pendant 17 heures.
Les générateurs privés sont trop chers et un nombre croissant de personnes, d’entreprises et d’organismes gouvernementaux se tournent vers l’énergie solaire non pas pour des raisons environnementales, mais par manque de choix.
– Franchir la frontière ensoleillée –
Des ouvriers installent des panneaux solaires sur un parking à Byblos, au nord du Liban, le 26 août 2022. (AFP – JOSEPH EID)
Au Liban, les toits et les parkings sont jonchés de panneaux solaires qui alimentent des villages entiers, ainsi que le seul feu de signalisation fonctionnel de Beyrouth grâce à une ONG locale.
A une heure de Tula, la chaîne de supermarchés Spinneys installe des panneaux sur le parking et sur le toit de son agence de Jbeil pour alléger les factures des groupes électrogènes.
« Je pense qu’avec des panneaux solaires, nous économiserons environ la moitié des coûts d’électricité à Jbeil », déclare Hassan Ezzeldine, président de Grey Mackenzie Retail au Liban, propriétaire de Spinneys.
L’entreprise dépense entre 800 000 et 1,4 million de dollars par mois en électricité pour les générateurs qui fonctionnent au diesel tout le temps, a-t-il déclaré.
« Le coût des générateurs aujourd’hui est dramatique. C’est une catastrophe ».
Zeina Sayeh, une habitante de Beyrouth, montre les panneaux solaires installés au-dessus de son appartement, le 29 août 2022. (AFP – JOSEPH EID)
Son entreprise envisageait d’intégrer l’énergie solaire depuis des années, dit-il, et la crise l’a finalement convaincu.
Zeina Sayegh, une femme au foyer, dit avoir payé environ 6 000 dollars pour installer l’énergie solaire dans son appartement de Beyrouth l’été dernier, lorsque l’État a supprimé la plupart de ses subventions à l’essence.
Elle était alors la seule dans sa maison à franchir ce cap et était encore dépendante d’un abonnement à un groupe électrogène.
Cette année, neuf voisins se sont joints à eux, recouvrant le toit de barres métalliques.
En passant au 100% solaire, il devrait réduire sa consommation d’électricité la nuit, mais en contrepartie il bénéficie d’électricité en continu l’été, ce qui est un luxe.
« C’est plus confortable pour moi », dit-elle, « j’ai l’impression de contrôler l’électricité, et non l’inverse. »
– Cher Abandon –
Une femme compte de l’argent reçu de l’étranger à Beyrouth le 27 juillet 2022. (AFP – JOSEPH EID)
Mais dans un pays confronté à une pauvreté chronique et où les épargnants sont dépouillés de leurs dépôts bancaires, le passage à l’énergie solaire reste une opération coûteuse.
De nombreux Libanais ont dû vendre leurs voitures, leurs bijoux ou leur terrain pour financer ce changement.
Avant la crise, seules quelques entreprises proposaient des installations solaires.
Mais la forte demande a ouvert la porte « à tous ceux qui veulent vendre des systèmes solaires », explique Antoine Skye de la société d’énergie solaire Free Energy.
La demande des municipalités à court d’argent et dépendantes des donateurs a également monté en flèche, a-t-il dit, alimentant l’ingérence politique.

Grand fan de mangas et d’animes, je n’aime bien écrire qu’à propos de ses sujets, c’est pour ca que j’écris pour 5 minutes d’actus. Au quotidien de décortique, donne mes avis sur les différents épisodes et chapitres des mangas que j’aime lire.
