Les Frères Quay ont secoué le monde de l'animation : une histoire captivante | Cinéma d'animation - 1

Les frères Quay, jumeaux identiques, créent des films merveilleux et mystifiants dans lesquels des marionnettes étranges en stop-motion l’emportent largement sur les rares acteurs en chair et en os. Leur dernier film, « Sanatorium Under the Sign of the Hourglass », est leur troisième long-métrage en 50 ans de carrière, après « Institute Benjamenta » et « The Piano Tuner of Earthquakes ». Principalement connus pour leurs courts métrages d’animation, ils ont également réalisé des clips musicaux et des installations spécifiques comme leur projet « Overworlds and Underworlds » à Leeds pour l’Olympiade culturelle.

Leur univers se déroule souvent dans des décors étranges et mystérieux, mais il est surtout ancré dans une petite dimension de bureau où règnent des règles étranges et aliénantes. Les frères Quay détestent l’idée de faire parler les marionnettes par des acteurs et ne l’ont fait que sous la contrainte, car cela leur semble dégradant. Pour eux, c’est dégradant pour les marionnettes, pas pour les acteurs.

Inspiré par l’œuvre de l’auteur polonais Bruno Schulz, le film « Sanatorium Under the Sign of the Hourglass » raconte l’histoire de Jozef, un jeune homme qui se rend dans une clinique pour visiter son père. Le film se déroule à travers sept scénarios déconnectés qui sont les flashes retenus par une rétine détachée. Les frères Quay travaillent en parfaite harmonie, créant des univers miniatures et manipulant des marionnettes pour raconter des histoires énigmatiques et obscures.

Vivant à Londres depuis des décennies, les frères Quay sont profondément influencés par la culture est-européenne, en particulier par les écrits de Bruno Schulz. Leur approche artistique se distingue par l’utilisation de la musique pour guider leur travail de marionnettistes. Ils rejettent l’idée d’attacher des voix célèbres aux marionnettes, préférant laisser le spectateur être légèrement irrité et dérouté par leurs films. Leur style signature a été établi avec le court métrage « Street of Crocodiles » en 1986, salué comme l’une des meilleures animations jamais réalisées.

Les frères Quay estiment que chaque film est une conversation entre le réalisateur et le public, mais qu’il est essentiel de laisser une part de mystère et d’irrationalité dans l’expérience cinématographique. Ils défient les normes naturelles du réalisme et invitent le spectateur à entrer dans un univers étrange et dérangeant, où la logique narrative traditionnelle est mise à l’épreuve. Avec les frères Quay, il faut parfois se pencher pour mieux observer leur monde étrange et fascinant, où la magie et l’ennui se côtoient.

En conclusion, les frères Quay, artistes indépendants et visionnaires, continuent d’explorer les frontières de l’animation et de l’art visuel, offrant au public une expérience cinématographique unique et troublante.

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