le retour des ambitions messianiques de l'homme le plus riche du monde › - 1

Avec le rachat de Twitter, Elon Musk, l’homme le plus riche de la planète, remet sa pièce dans la machine de son délire messianique. Pour s’en convaincre, il suffit de lire la première ligne du communiqué qu’il a publié sur le réseau social pour officialiser l’opération : « La raison pour laquelle j’ai acquis Twitter, c’est qu’il est important pour l’avenir de la civilisation d’avoir un place publique numérique où un certain nombre de croyances peuvent être discutées de manière saine et non violente. L’avenir de la civilisation, tout à l’heure… D’autres parleraient de modèle économique, de la nouvelle phase du Web3… Pas Musk.

Début juillet, en pleine lutte pour le contrôle du réseau social, il a posté une photo de lui à côté du pape François lors d’une audience privée au Vatican. Quoi de plus normal pour ceux qui disent vouloir sauver l’humanité que de poser avec le représentant de Dieu sur terre…

Manipulation ou véritable persuasion ? La deuxième option est possible. Lorsqu’il a créé SpaceX en 2002, c’est parce qu’il était convaincu que la conquête de Mars était nécessaire pour assurer un avenir multiplanétaire à l’humanité. Lorsqu’il a racheté Tesla à ses fondateurs, c’est parce qu’il voulait sauver la Terre de la pollution grâce à des batteries électriques. Lorsqu’il conçoit Optimus, son robot humanoïde, c’est parce qu’il veut rendre l’humain plus léger. Tout comme il promet de guérir les patients atteints de maladies dégénératives avec ses implants neuronaux Neuralink.

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Contrairement aux gourous de la Silicon Valley qui admirent les progrès de l’intelligence artificielle, il pointe du doigt les risques. Les écologistes les plus coriaces s’inquiètent de la surpopulation mondiale ; au contraire, il soutient que la baisse de la natalité est le plus grand danger qui pèse sur l’humanité.

Évidemment, Musk n’est pas un philanthrope désintéressé. Il aime l’argent et a l’habitude de gérer chaque ligne de son entreprise avec de la laine d’acier. Il a réussi chez SpaceX et Tesla, mais rien ne garantit qu’il réussira sur Twitter. Face aux excès et aux menaces de manipulation, les États se sont armés. Musk a promis de traquer les faux comptes, d’assurer la fin de l’anonymat et de rendre l’algorithme Twitter transparent. Certes, mais notamment en Europe, il devra également se conformer aux nouvelles réglementations du Digital Services Act (DSA), publiées ce jeudi 27 octobre au Journal officiel de l’UE. Les plateformes en ligne devront désormais créer un mécanisme pour signaler les contenus illégaux et pouvoir les supprimer rapidement. Ils devront également mettre en place un système interne de traitement des réclamations.

Mais un pirate n’est jamais loin derrière le patron du messie. Il a construit sa giga-usine à Berlin sans permis de construire ; Il a opté pour le premier test de son Starship, sans attendre le feu vert des autorités aéronautiques américaines. Il a rouvert son usine Tesla en Californie sous verrouillage total sans autorisation de l’État… « Bird libéré », a-t-il tweeté quelques heures après la prise de contrôle. Mieux ou pire.

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