La marque de fabrique du style de John Woo est aussi connue que le nom du cinéaste lui-même : des durs à cuire avec des lunettes noires et des chaînes de cigarettes interminables, volant dans les airs avec des pistolets jumelés qui crépitent, des colombes voletant en toile de fond. Dans l’industrie cinématographique de Hong Kong en plein essor, Woo a passé les années 80 et le début des années 90 à produire des œuvres d’une intensité opératique et hyperkinétique appelées « gun fu » pour leur fusion balistique des arts martiaux avec le film de gangsters. Ses admirateurs décrivaient également le mouvement qu’il a lancé comme un cinéma du « bain de sang héroïque », sa violence débridée associée à une notion classique de l’honneur et de la méchanceté, pas si éloignée du mélodrame.

Malgré des budgets en hausse ou en baisse, tout devait être plus gros que nature – les émotions et les explosions. Mais ce n’est pas le cas dans le Silent Night étonnamment dépouillé de Woo, son premier film en anglais depuis 20 ans. Ce film révèle une facette différente du légendaire cinéaste de 77 ans, prouvant qu’il est toujours capable de surprendre ses adeptes en livrant une œuvre aussi réaliste et brutale que minimale. Il a témoigné que parfois le changement est nécessaire pour continuer à progresser dans sa carrière.

## Points Importants
1. Histoire de la carrière de John Woo jusqu’à Silent Night
2. Changement de style de John Woo dans Silent Night
3. Recherche d’un nouveau départ après plusieurs échecs en Chine
4. Travailler avec un budget limité en échange de plus de liberté créative
5. Remarques sur la production hollywoodienne

Woo, généralement synonyme de zèle sous adrénaline, a donc prouvé une dernière fois son talent en retrouvant un genre de film beaucoup plus réaliste, moins sujet aux exagérations habituelles. Il a même admis que retrouver ce sens du réel a été un défi pour lui, mais aussi un soulagement.

Pour Woo, travailler sur un budget modeste, par rapport à une grande production, lui a offert une forme différente mais également précieuse d’indépendance. Cela prouve que tout ce que réalisateur perd en financement, il le gagne en autonomie.

## Conclusions
Après Silent Night, Woo travaille actuellement sur un remake en langue anglaise de son film culte The Killer. Il jette également un œil sur la production hollywoodienne et annonce qu’il n’a pas l’intention de ralentir malgré son âge, affirmant qu’il a toujours les mêmes instincts et la même clarté d’esprit pour exercer son métier.