Le retour historique de biens pillés d’Europe en Afrique au 21e siècle a laissé un sentiment de humiliation parmi le peuple africain. La réalisatrice franco-sénégalaise Mati Diop, qui a accompagné les objets de leur trajet de Paris à leur pays d’origine, a déclaré que ce retour manquait de suivi et de conséquences concrètes.

Dans son film Dahomey, alors qu’elle documentait le voyage de 2021, Mati Diop a filmée 26 trésors pillés par le commandant des forces françaises au Sénégal du palais royal du royaume du Dahomey, aujourd’hui le Bénin, en 1890. Le retour de ces objets du musée du Quai Branly à Paris, premier geste de restitution d’une puissance coloniale en Afrique, avait été annoncé trois ans plus tôt par le président français Emmanuel Macron. Cela a déclenché un mouvement en Europe où les gouvernements ont commencé à étudier leurs collections nationales et à prendre des mesures concrètes pour en restituer certaines.

Le film de Diop montre les célébrations joyeuses à l’arrivée des objets à Cotonou, mais aussi des jeunes débattant de la signification de ce geste, tant d’autres artefacts étant toujours en possession de l’Europe. « Restituer 26 œuvres sur 7 000 est une insulte », a déclaré un étudiant.
Diop a dit lors d’une conférence de presse après la première de son film: « Ces 26 œuvres, c’est bien, mais ce n’est pas suffisant. Il est clair qu’il y en avait beaucoup trop peu par rapport aux 7 000 œuvres captives dans ces musées, et je pense certainement que c’est humiliant ».

  • Le retour des trésors
  • Les réactions en France et au Bénin
  • Les déclarations de Mati Diop
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