Les comédies romantiques sont remplies de héros masculins qui utilisent des comportements problématiques, voire psychotiques, pour conquérir leur héroïne. Après tout, l’amour triomphe de tout, non ? Même des plus grands des drapeaux rouges. Le dernier exemple de ce trope erroné se trouve dans Ghosted, le romance-action d’Apple TV+, avec Chris Evans et Ana de Armas.
Cole (Evans) annonce à sa famille après une date avec la conservatrice d’art Sadie (De Armas) : « Je sais que cela semble fou, mais je pense qu’elle pourrait être celle-là. » Eh bien, son impression initiale est confirmée : c’est fou. Dès le début, leur relation est bancale et leur rencontre, qui devait être mignonne (« meet-cute »), se transforme rapidement en échange sarcastique qui conduit à ce que Sadie s’énerve et quitte les lieux. Jusqu’à ce que Cole la persuade que leur confrontation était en fait une forme de flirt.
Il est sur un petit nuage après une nuit spontanée et remplie de plaisir avec Sadie, mais tombe de haut quand elle ne le contacte plus. C’est une partie commune, mais brutale, des rencontres modernes que Cole n’accepte pas. Il lui envoie 11 textos en deux jours avant de se souvenir que son inhalateur (avec un traceur) est dans son sac et la localise à Londres à 8 000 km de son lieu de vie.
Cela devient presque insoutenable : le fermier de la campagne refuse d’écouter sa sœur (la voix de la raison) qui lui dit que violer la vie privée de Sadie et la suivre dans un autre pays est un comportement psychotique. Au lieu de cela, il doit accepter la dure réalité : elle l’a ghosté. Après 48 heures, Cole est en colère et convaincu qu’il n’a pas tort. Il décide : ça suffit ! c’est le moment pour un grand geste romantique. Il va la surprendre en prenant un avion pour la retrouver.
Ce comportement de Cole, basé sur la conviction que sa nuit passée avec la femme de ses rêves peut mener à une grande histoire d’amour, est extrêmement problématique. Au lieu de reconnaître la méchanceté de ses actions, il dit à Sadie qu’elle l’a attiré par ses mensonges et affirme qu’il n’est pas un psycho quand elle le confronte à son comportement.
Cela montre un homme narcissique qui ne prend pas non pour une réponse et met de côté le consentement de Sadie. De plus, ce comportement n’est pas nouveau, il est perpétué dans des classiques comme Love Actually, Twilight et Passengers. Ces œuvres romantiques sont encore loin d’apprendre que le non veut dire non.
En bref, le noralement de ce trope façonne les perceptions et les attentes autour des relations amoureuses. Dans notre ère post #MeToo, ceci est une tendance dangereuse et inquiétante puisque ce comportement ne montre pas de condamnation. Cole est présenté comme un romantique inoffensif, dont les folies amoureuses feront « une belle histoire pour ses petits-enfants ».
