Grâce aux progrès de la recherche, il devient clair chaque jour ce qui rend une personne un peu moins humaine. Nous, Homo Sapiens, une espèce si supérieure au reste du monde animal en raison de capacités spéciales, sommes supérieures à toutes les autres. Mais plus nous observons les autres, moins nous nous sentons uniques. C’est le cas des primates, et aujourd’hui des… insectes !
Terme difficile à définir
L’éthologie, science la plus récente (un peu plus d’un siècle), nous en apprend un peu plus sur l’intelligence des abeilles, à tel point que certains spécialistes n’hésitent plus aujourd’hui à se demander ouvertement si elles peuvent, comme nous, en avoir un. .. conscience. « Le terme est encore difficile à définir pour les humains et encore plus pour les êtres vivants qui ne parlent pas. Mais des études récentes sur la cognition animale montrent que certains insectes ont des capacités et des signes d’émotion inattendus. elles ont encore une vingtaine d’années », explique Mathieu Lihot, chercheur CNRS au Centre de biologie intégrative de Toulouse (CBI), qui a publié l’ouvrage What Bees Think About (Editions HumenSciences).
Sur le papier, nous ne sommes pas dans la même catégorie : les abeilles ont un cerveau de la taille d’une tête d’épingle, « seulement » un million de neurones (contre 100 milliards chez l’homme) et un milliard de synapses. Pourtant, nos cerveaux sont remarquablement similaires. Il suffit d’ouvrir leur « crâne » (cuticule) pour voir que leurs neurones sont connectés au sein d’une organisation similaire à la nôtre, avec des zones de traitement de la vision, des zones de traitement des odeurs, etc. D’autres informations circulent en direction des zones dites « centrales ». Exemple? L’un d’eux, appelé « corps pédonculé », comme notre hippocampe, sert de lieu où se forme la mémoire. « Une fois qu’une abeille quitte son nid pour la première fois, elle doit apprendre à reconnaître et à se souvenir de l’environnement autour de la ruche. Elle passe de l’obscurité à un monde de lumière complexe », explique l’éthologue. D’où une série de vols d’entraînement qui la font avancer lentement d’abord, puis de plus en plus vite et de plus en plus loin. Et le chercheur de préciser : « En même temps, la mémoire visuelle et spatiale se construit. »
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Ils peuvent être formés pour identifier les patients atteints de Covid-19
Puis, puisque c’est sa fonction, le petit animal doit apprendre à récolter le nectar. Pour ce faire, elle peut s’appuyer sur ses yeux (5000 photorécepteurs), qui lui permettent de voir la lumière dans un spectre légèrement différent du nôtre (par exemple, un coquelicot lui apparaîtra gris). Ses vrilles mobiles sont sensibles à une grande variété d’odeurs, l’aidant à trouver les fleurs les plus intéressantes, c’est-à-dire avec les glandes les plus riches en nectar. Son odorat est tellement avancé qu’il capte des odeurs auxquelles les gens sont insensibles, comme certaines odeurs de cannabis, des traces d’explosifs, ou encore des odeurs corporelles, notamment les odeurs de personnes atteintes du Covid-19. En ce sens, les abeilles peuvent être entraînées de la même manière que les chiens de recherche. « Ils doivent donc apprendre et mémoriser les formes, les couleurs, les odeurs, les textures et même la signature électromagnétique des couleurs dès le plus jeune âge », résume Mathieu Liho.
Leur activité de vol a aussi un processus, et donc un esprit collectif : les scientifiques ont montré que les abeilles reconnaissent les fleurs déjà cueillies et découvrent ainsi lesquelles sont les meilleures. De même, en observant leurs congénères, ils peuvent apprendre d’autres méthodes d’obtention de nourriture – par exemple, en attaquant directement la tige plutôt que le nectaire. On peut alors parler d’« apprentissage culturel ». Enfin, même si les experts ne comprennent pas le processus exact, ces insectes sont capables de développer des routes qui relient leurs nids à leurs sites d’alimentation de la manière la plus efficace. En moyenne, une abeille mellifère (la plus courante) se nourrit dans un rayon de 3 kilomètres autour de la ruche, mais certaines espèces (il en existe plus de 20 000) peuvent parcourir de longues distances – le record appartient à une abeille tropicale (30 kilomètres) . . Pour s’orienter, ils se réfèrent à la position du Soleil à travers une sorte d’« horloge interne ». En revanche, contrairement à la première hypothèse, il semble qu’ils ne créent pas une « carte cognitive » complexe mais apprennent à repérer les lieux importants. « Pour simplifier, on peut dire que les abeilles n’ont pas une « carte Michelin » dans la tête qui leur donnerait toutes les informations autour pour se rendre d’un point à un autre, mais plutôt qu’elles élaborent une « carte du métro » qui leur indique où les meilleurs endroits sont situés de la même manière. comme beaucoup de gares », image Mathieu Liorot.
Le pouvoir de l’imaginaire
Ce qui les rend encore plus proches de nous, c’est la capacité de distinguer leurs semblables, chacun ayant son propre «masque facial». Cette reconnaissance individuelle leur permet d’établir une hiérarchie dans la société et d’attribuer un rang social. Tout comme ils vivent des émotions : en laboratoire, des éthologues ont montré qu’ils peuvent être victimes de stress ou aussi souffrir d’un confinement forcé, voire faire preuve d’optimisme et de pessimisme. « Une autre capacité longtemps insoupçonnée, c’est que les abeilles ont un vrai pouvoir d’imagination », poursuit le chercheur toulousain. « Nous savons que certains d’entre eux sont capables de planifier leur comportement. Par exemple, au cours de l’expérience, nous avons appris à des bourdons à pénétrer dans des trous de différentes tailles : ils développent alors une image mentale de la forme de l’objet qu’ils rencontrent et savent franchir l’obstacle, notamment en se tenant de côté, car ils ont conscience de leur propre taille. Une autre facette de l’imagination, développée cette fois par les abeilles, est qu’elles peuvent modifier la structure interne de leur ruche pour la rendre plus durable. « Il faut se méfier de tout excès anthropomorphique, mais l’apprentissage, l’émotion, un certain talent pour compter, la métacognition, etc., sont des capacités que les abeilles et nous avons en commun. Pourquoi un chat ou un chien a-t-il une conscience et pas lui ? demande Matthieu Lioro.
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En conclusion : « Toutes ces questions continuent d’être largement débattues dans la communauté scientifique. » Son travail sur l’esprit des insectes semble inépuisable. Leur objectif principal est de déterminer comment les protéger, car leur population diminue régulièrement en raison de l’utilisation de pesticides destructeurs de cerveau. Or, 80 % de la reproduction des plantes dépend de la pollinisation. Et la nature sans les plantes ne serait pas seulement moins belle. Ainsi, la survie des abeilles est aussi la survie d’Homo sapiens.
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Grand fan de mangas et d’animes, je n’aime bien écrire qu’à propos de ses sujets, c’est pour ca que j’écris pour 5 minutes d’actus. Au quotidien de décortique, donne mes avis sur les différents épisodes et chapitres des mangas que j’aime lire.




