en route vers un tournant dans le secteur funéraire traditionnel ? – La science et le futur › Geek News - 1

Les mains sur le volant et les yeux sur la route : Isabelle Plumereau transporte un vélo… un corbillard. Le fondateur du Ciel & la Terre a décidé d’encourager les funérailles écologiques, un mode d’inhumation encore marginal mais dont la demande se développe progressivement.

Ce type de corbillard d’un nouveau type existe déjà dans d’autres pays comme la Suisse, mais son usage en France est encore limité aux funérailles qui se déroulent dans un rayon restreint où le cercueil, la cérémonie et l’inhumation ou la crémation se font en intérieur. la même ville.

« Il y a une limite de poids. Evidemment, je suggérerais aux personnes choisissant ce mode de transport de choisir des cercueils plutôt sobres et donc plutôt légers », conseille Isabelle Plumero, précisant qu' »avec +Corbicyclette+ on ne peut pas parcourir une distance énorme. Quarante kilomètres maximum.

Isabelle Plumereau chevauche son « corbicycle », un corbillard à vélo, le 31 octobre 2022 à Paris (AFP – JULIEN DE ROSA)

« C’est peut-être possible à Paris, mais ça n’arrive presque jamais en province », a déclaré à l’AFP Gauthier Caton, directeur d’un réseau d’une quarantaine de pompes funèbres à Paris, Centre et Bourgogne.

Et pour Charles Simpson, fondateur du comparateur Meilleurs Pompes Funèbres, une évolution de la loi pour étendre l’usage de ces véhicules est peu probable : « Imaginez un accident entre un vélo et une voiture… Un législateur ne prend pas le risque de faire monter un cercueil sur une voie publique. route. »

Cela n’a pas empêché les pompes funèbres de développer d’autres solutions pour des funérailles plus vertes face à la demande croissante des familles.

«Nous les voyons faire des efforts», déclare Sarah Dumont, fondatrice de Happy End, un répertoire en ligne de salons funéraires. « Les coopératives funéraires ont ouvert la voie en sensibilisant les familles aux soins de conservation, par exemple, qui utilisent souvent des produits chimiques polluants, réduisant considérablement l’utilisation de cette méthode. Certains, comme à Dijon, proposent aussi de louer des fleurs artificielles pour la crémation, plutôt que de les acheter et de finir à la poubelle », ajoute-t-elle.

– Humusification, aquamation et semis –

Isabelle Plumereau, fondatrice du Ciel & La Terre, pose à côté de sa « corbicyclette », un corbillard à vélo, le 31 octobre 2022 à Paris (AFP – JULIEN DE ROSA)

Les salons funéraires Caton proposent également aux familles un document suggérant des gestes simples pour réduire l’impact des funérailles (comme choisir des fleurs de saison ou des vêtements qui se décomposent plus facilement pour les cercueils) et demandant à leurs fournisseurs d’utiliser des vernis à cercueils moins polluants ou des vernis biodégradables. tapisserie.

« Les familles nous demandent aussi des cercueils en carton, que nous leur commandons. Mais il faut mesurer l’impact global du carton versus le bois, car en France nous avons une filière de fabrication de cercueils très responsable, et le bois nous permet de consommer moins de gaz lors de la crémation. dit Gauthier Cato.

Cependant, ce type de demande reste marginal dans les dernières volontés du défunt. « Pour une génération mourante, le concept d’écologie est encore trop récent. Mais dans les contrats funéraires qui sont en train d’être rédigés, on voit que la proportion est plus élevée », explique M. Simpson.

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D’autres méthodes d’inhumation peuvent également être envisagées pour éviter la consommation de gaz de crémation ou la pollution liée aux inhumations : c’est par exemple le cas de l’humus, qui consiste à transformer le corps en compost, l’aquamation, aussi appelée « crémation à l’eau ». », ou une promesse, qui consiste à congeler à basse température puis à se transformer en poudre, et qui utilise de l’azote liquide. Mais ils ne sont pas autorisés en France.

« Il faut garder à l’esprit que le secteur funéraire est très traditionnel car il a une forte influence sur les croyances », dit M. Simpson. « Les associations et les organismes publics montrent un intérêt prudent pour ce sujet. »

Pour Mme Dumont, il y a en tout cas une vraie « évolution » du secteur, même s’il est « encore fragile ». « La première chose à dire aux familles sur leurs options est que beaucoup ne connaissent pas encore ces options environnementales », ajoute-t-elle.