Pleine charge : quand la maternité devient un thriller

Eric Gravel, réalisateur canadien, a choisi de créer un film palpitant sur l’épuisement des mères au foyer. Tout parent ayant déjà couru en panique pour chercher ses enfants à la sortie de l’école comprendra immédiatement le choix du réalisateur de considérer la maternité comme une aventure rocambolesque. En effet, une scène en particulier a gardé les spectateurs au bord de leur siège : Julie, une maman divorcée de deux enfants, court pour attraper son train de banlieue pour rentrer chez elle. Elle est épuisée par son travail, ses enfants et ses problèmes financiers. La vie est difficile. Dans l’ensemble, ce film est une expérience authentique et sincère qui aurait pu facilement être réalisé par une réalisatrice femme tant l’observation est rigoureuse.

Laure Calamy, interprète de Julie, est une mère dans la quarantaine qui doit s’occuper de deux enfants de moins de huit ans. Chaque jour, son réveil sonne comme un pistolet de départ. Dans l’obscurité, elle accompagne ses enfants chez une nounou, portant son petit garçon endormi. Ensuite, c’est un sprint depuis la banlieue de Paris où elle travaille comme chef femme de chambre dans un hôtel chic. C’est un travail stressant. « Les clients sont exigeants, ils sont venus pour ça », témoigne-t-elle. Puis elle retourne en banlieue pour récupérer ses enfants avant d’aller se coucher.

Cette semaine-ci, tout déraille. A cause d’une grève des transports, les trains quittant Paris sont annulés. Julie doit se serrer dans un bus qui rampe hors de la ville. Sa nounou n’en peut plus et abandonne. Pour compliquer les choses, Julie doit passer un entretien d’embauche. Avant d’avoir des enfants, elle travaillait dans le domaine de l’entreprise et possède un master en économie. Mais, comme beaucoup de femmes, sa maternité l’a écartée de sa carrière professionnelle.

Laure Calamy est très convaincante, donnant une performance qui nous plonge dans le monde intérieur de Julie : un soupir ici, un fléchissement d’épaules là et nous ressentons son sentiment qu’elle ne fait rien à la hauteur de ses capacités. Mais Julie est une guerrière. La voir assembler un trampoline dans l’obscurité, la nuit avant la fête d’anniversaire de son fils, force le respect. Un film classique axé sur les problèmes de son personnage aurait pu ajouter une catastrophe, un moment catastrophique où tout va mal. Mais le scénario d’Eric Gravel sait que la vie de tous les jours est suffisante pour nous donner un film qui nous prend aux tripes.

  • Full Time sortira dans les cinémas britanniques le 26 mai.
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