Des centaines d’agriculteurs en colère ont lancé des œufs et des pierres sur le parlement européen, allumant des feux et déclenchant des feux d’artifice pour mettre la pression sur un sommet des dirigeants européens pour qu’ils en fassent plus pour les aider avec les taxes, les coûts croissants et les règles environnementales.

  • Les agriculteurs protestent contre les taxes, les coûts et les règles environnementales

Beaucoup d’agriculteurs sont venus de pays européens tels que la France, l’Allemagne et l’Italie après des semaines de protestations au cours desquelles des tracteurs ont bloqué les routes, les ports et les entrées des villes. De petits groupes d’agriculteurs manifestants à Bruxelles ont tenté de démolir les barrières devant le Parlement européen, mais la police a tiré des gaz lacrymogènes et aspergé de l’eau pour les repousser.

Une statue sur la place a été endommagée et les principales routes de Bruxelles ont été bloquées par environ 1300 tracteurs. Le personnel de sécurité en tenue anti-émeute montait la garde derrière des barrières où les dirigeants se rencontraient au siège du Conseil européen.

  • Les agriculteurs manifestent dans plusieurs pays d’Europe
  • Des affrontements avec la police à Bruxelles

« Si vous voyez combien de personnes sont ici aujourd’hui et si vous voyez que c’est partout en Europe, vous devez avoir de l’espoir », a déclaré Kevin Bertens, un agriculteur belge, à Reuters: « Vous avez besoin de nous. Aidez-nous! »

  • Appel à l’aide des agriculteurs européens

« C’est symboliquement important de manifester à Bruxelles. Pour changer les choses, il faut venir ici », a déclaré Pierre Sansdrap, un agriculteur laitier belge, à l’AFP.

Les agriculteurs de différents pays européens ont déclaré ne pas être suffisamment payés pour leurs produits, avoir des difficultés avec les taxes et les règles vertes et être confrontés à une concurrence déloyale de l’étranger.

Bien que la crise des agriculteurs ne soit pas officiellement à l’ordre du jour du sommet de l’UE, qui s’est jusqu’à présent concentré sur l’aide à l’Ukraine, un diplomate de l’UE a déclaré que la situation des agriculteurs devrait être discutée plus tard dans la journée.

  • La crise des agriculteurs n’est pas officiellement à l’ordre du jour du sommet de l’UE

Pour souligner la pression sur le gouvernement français, le président Emmanuel Macron a prévu une réunion en tête-à-tête avec la cheffe de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

  • Emmanuel Macron rencontre Ursula von der Leyen à Bruxelles

Les manifestations et les blocages routiers qui se sont propagés dans les principaux pays agricoles en Europe, notamment la France et l’Allemagne, n’ont pas été apaisés par les mesures de l’UE, qui comprennent une exemption temporaire des règles exigeant que certaines terres soient laissées en jachère ainsi que des limites aux importations de certains produits agricoles ukrainiens, sur lesquels les droits de douane ont été supprimés après l’invasion de la Russie en 2022.

  • Les mesures de l’UE pour apaiser les manifestations des agriculteurs

En France, des centaines d’agriculteurs ont continué de bloquer les autoroutes et certains ont attaqué des supermarchés. Environ 200 tracteurs ont bloqué 50 supermarchés dans le département de Haute-Loire, dans le sud de la France, critiquant ce qu’un syndicat local d’agriculteurs a appelé « un comportement inapproprié des grandes enseignes », qui « met une pression folle sur nos agriculteurs avec des marges étouffantes ».

Après que plusieurs annonces gouvernementales d’aide aux agriculteurs n’ont pas réussi à calmer les protestations, le premier ministre français, Gabriel Attal, a annoncé jeudi une aide supplémentaire de 150 millions d’euros pour les agriculteurs dans le besoin, même si les détails doivent encore être définis.

  • Annonce d’une aide supplémentaire pour les agriculteurs en France

Les agriculteurs français ont exprimé leur colère contre la nourriture importée bon marché, de plus en plus populaire auprès des consommateurs français qui peinent à joindre les deux bouts. Attal a promis de faciliter la vie des agriculteurs et de mieux les protéger au niveau français et européen. Il a déclaré que cela inclurait la France interdisant les importations bon marché de produits utilisant un pesticide interdit en Europe et veillant à ce que les étiquettes alimentaires indiquent clairement si les produits sont importés.

Attal a également déclaré que la France voulait que l’UE émette une « définition claire » de la viande produite en laboratoire.

  • La France demande une « définition claire » de la viande produite en laboratoire

En janvier, les ministres de l’agriculture de la France, de l’Autriche et de l’Italie ont lancé ce qu’ils ont appelé une « alliance culinaire » cherchant un débat public autour de la viande produite en laboratoire. La viande synthétique ne peut pas être vendue dans l’UE car elle n’a pas été autorisée par l’Autorité européenne de sécurité des aliments.

Les écologistes voient la viande produite en laboratoire comme un moyen de contribuer à réduire la production de gaz à effet de serre créée par l’élevage. Les groupes de défense des droits des animaux considèrent également qu’il s’agit d’un moyen de réduire la mort et les mauvaises conditions des animaux vivants élevés pour la nourriture.

Marc Fesneau, ministre français de l’agriculture, a déclaré qu’il y aurait une « pause » dans le plan national de la France visant à réduire l’utilisation des pesticides. Il a déclaré que le plan sur les pesticides serait « remis sur le métier … aussi longtemps qu’il faudra pour retravailler certains de ces aspects, pour les simplifier ».

Bruno Le Maire, le ministre de l’économie, a déclaré que tous les grands supermarchés seraient audités pour vérifier s’ils respectent une loi censée garantir des prix justes pour les produits des agriculteurs.