Critique du film "Seul le fleuve coule" : un thriller chinois intriguant et ingénieux - 1

Un thriller existentiel captivant

Le nouveau film de Wei Shujun, adapté d’une nouvelle de Yu Hua, est un mystère existentiel imperturbable se présentant comme un crime noir, situé dans la Chine provinciale et prenant ses références de Caligula d’Albert Camus : « Il n’y a pas de compréhension du destin, c’est pourquoi je choisis de jouer le rôle du destin… »

  • Le film remet en question les hypothèses du genre thriller sur la compréhension essentielle du mobile et de l’agence
  • Zhu Yilong incarne le capitaine Ma, un jeune officier intelligent et ambitieux chargé de résoudre le meurtre d’une femme
  • Le film offre une vision chaotique et dénuée de sens, rappelant le style de David Lynch

Le capitaine Ma doit résoudre le meurtre d’une femme dont le corps a été retrouvé au bord d’une rivière, et ses supérieurs installent un centre d’incident dans un cinéma désaffecté. Les interrogatoires ont lieu dans la salle de projection, alors que deux autres personnes sont tuées et un suspect secondaire se suicide. Le capitaine Ma, surchargé de travail, s’endort à un moment donné et ses rêves sur les crimes sont projetés sur l’écran ; les événements ultérieurs peuvent être des rêves plus cinématographiques ou des hallucinations.

Avant son meurtre, la femme semblait avoir adopté un homme handicapé mental surnommé brusquement « fou », qui est bien sûr le principal suspect, et dont la folie, et la mystérieuse capacité à s’échapper de l’hôpital psychiatrique après avoir été capturé, fournit une sorte de couverture narrative pour l’arbitraire des morts ultérieures.

Le film offre une réflexion sur la condition humaine, tout en proposant les plaisirs d’un thriller ingénieux. Une oeuvre intrigante et bien réalisée qui laisse une empreinte dérangeante.

Seul le fleuve coule est en salle au Royaume-Uni et en Irlande à partir du 16 août.

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