
La lenteur cinématographique de la réalisatrice japonaise Yui Kiyohara
La réalisatrice japonaise Yui Kiyohara est clairement une adepte du temps, plutôt que de la vitesse, et de la situation plutôt que de l’histoire. Pendant près de deux heures, avec pratiquement aucun scénario à proprement parler, son drame lent et flottant suit trois femmes lors d’une journée de printemps dans une banlieue près de Tokyo. C’est un film de longs plans et de longs silences. L’atmosphère est difficile à cerner ; un cinéma d’art exigeant qui frôle le bizarre. Par moments, cela ressemble presque à de la vidéosurveillance dirigée par Wes Anderson. Votre appréciation dépendra probablement de votre ressenti devant une femme qui trie méticuleusement un tas de courrier pendant plus d’une minute. Profondément ennuyeux ou étrangement fascinant ?
Points importants :
- La réalisatrice Yui Kiyohara privilégie le temps et la situation dans son film.
- Le film suit trois femmes lors d’une journée de printemps dans une banlieue près de Tokyo.
- Le film est caractérisé par des plans longs et des silences prolongés.
- L’ambiance du film est difficile à définir, oscillant entre l’art exigeant et le bizarre.
Le cadre est Tama New Town, une banlieue agréable des années 1970 près de Tokyo avec des immeubles bas et des arbres bruissants. Chizu (Kumi Hyôdô) est dans la quarantaine, récemment licenciée de son travail dans une boutique de kimono. Nous la voyons organiser son courrier, visiter le centre d’emploi et se perdre en essayant de trouver la maison d’une connaissance qui a déménagé. Le moment le plus dramatique est une scène où Chizu grimpe à un arbre pour récupérer un volant pour un couple d’enfants qui jouent au badminton. Les choses ne se passent pas bien. « Ne vous embêtez pas », marmonne un garçon, et les enfants s’en vont, la laissant dans l’arbre.
Le chemin de Chizu croise celui d’une releveuse de compteurs de gaz dans la trentaine (Manami Ohba), qui aide un vieil homme atteint de démence à retrouver son chemin. La caméra suit également Natsu (Ai Mikami), une étudiante en deuil de la mort d’une amie décédée tragiquement jeune. Alors que les minutes s’écoulent, c’est indéniablement un visionnement exigeant, mais je me suis surtout senti attiré par le monde que Kiyohara crée. Bien que par moments, votre attention puisse faiblir, vous pourriez bénéficier de la voix doucement insistante d’une application de méditation avec un rappel persistant pour rassembler vos pensées égarées.
