Deux réalisateurs, Kelly O’Sullivan et Alex Thompson, se connaissent bien dans l’art de dépeindre les hauts et les bas du quotidien. Leur film révolutionnaire de 2019, Saint Frances, écrit et interprété par O’Sullivan, a sublimé des sujets dramatiques tels que l’avortement, la dépression post-partum, le vieillissement et le temps perdu dans la relation apparemment ordinaire entre une jeune femme de 34 ans sans but précis et la fillette de six ans dont elle s’occupe.

  • Saint Frances: un film révolutionnaire de 2019
  • Les sujets dramatiques sublimés en moments ordinaires

Leur nouveau film, Ghostlight, qui fait ses débuts au festival du film de Sundance, propose une approche similaire mêlant banalité et profondeur. Egalement écrit par O’Sullivan, le project présente une naturalité captivante, probablement due à ses origines familiales : O’Sullivan et Thompson sont en couple dans la vie réelle et dirigent une famille tout aussi réelle dans leur ville, Chicago. Dan Mueller (interprété par Keith Kupferer) est un ouvrier de la construction émotionnellement renfermé, distant de sa femme Sharon (Tara Mallen) et de leur fille rebelle Daisy (interprétée par leur propre fille Katherine Mallen Kupferer). Le film explore subtilement la douleur profonde ressentie par la famille suite à une tragédie imprévue.

  • Ghostlight: un nouveau film avec une approche similaire à Saint Frances
  • Origines familiales des réalisateurs
  • L’exploration subtile de la douleur de la famille

Comme dans Saint Frances, une rencontre fortuite ouvre la voie à la rédemption : par le biais de la thérapie par le théâtre, Dan se tourne vers une production communautaire de Roméo et Juliette. Les Müller sont des incontournables du théâtre de Chicago et cette affection pour les planches transparaît de manière contagieuse dans le film. O’Sullivan, avec ses dialogues pleins de sarcasme et d’humour, parvient à rendre leurs douleurs profondes tout à fait crédibles et touchantes. Même si certaines critiques soulignent le manque de subtilité du parallèle entre la tragédie des Müller et celle de Shakespeare, le film offre malgré tout une représentation exceptionnelle de la guérison d’une famille.

  • Le théâtre comme thérapie dans Ghostlight
  • L’affection pour le théâtre transparaît dans le film
  • Allégorie de la guérison d’une famille

Ghostlight, bien que parfois maladroitement structuré, offre une représentation unique et authentique de la vie des gens ordinaires confrontés à des tragédies. La famille Müller ne semble jamais spéciale, mais cela ne rend en rien moins profonde l’expérience du spectateur.