Deux cinéastes documentaristes français, Lucien Castaing-Taylor et Véréna Paravel, ont réalisé Leviathan en 2012, une immersion expérimentale et étrange dans la vie à bord d’un chalutier de pêche dans le nord de l’Atlantique. En 2017, ils ont également réalisé Somniloquies, un film hallucinatoire et axé sur l’image qui traite du somnambulisme. Leur dernier film, Caniba, s’intéresse au meurtrier et cannibale japonais notoire Issei Sagawa et à sa moitié de vie étrange, après qu’il ait été immobilisé par une infarctus cérébral.
Dans De Humani Corporis Fabrica, qui traite du corps humain, les cinéastes s’attardent sur les procédures chirurgicales et cliniques dans plusieurs hôpitaux parisiens. Le film nous offre des plans rapprochés extrêmes et désorientants ainsi que des images profondément dérangeantes, notamment une scène mortuaire où on voit un corps mort revêtu des vêtements « civils » des vivants. Il nous offre des images brutalement franches d’opérations sur l’œil, le cerveau et le pénis, en nous plongeant dans l’intérieur surréaliste et microchirurgical du corps. Le titre est tiré de l’étude anatomique classique d’Andreas Vesalius de 1543, révolutionnaire pour son emphase matérialiste et rationaliste sur l’examen du corps, mais avec des illustrations bizarres et non rationnelles de corps animés qui s’ouvrent.
Le film débute comme Leviathan, avec une longue séquence sombre qui nous désoriente dans le sous-sol (ou les boyaux) de l’hôpital, tout comme la séquence en mer du précédent film nous désorientait. D’autres plans montrent des figures obscures reflétées dans une vitre en unité de soins intensifs, accompagnées de dialogues décomplexés de médecins sur la vie et la mort. Les images IRM du cerveau, leur plan mobile traversant le crâne, créent un tableau fascinant tandis que le scanner émet des bruits et des grincements mécaniques étranges.
Le film révèle des scènes brutales et parfois comiques, comme lorsque l’on découvre qu’un patient dialogue avec son médecin alors qu’il est en train de subir une lobotomie. Un gros plan sur un objet indéfinissable révèle que cela est en fait un œil sous le bistouri. Un pénis a également quelque chose d’inséré en lui, tandis que les médecins discutent joyeusement entre eux. Le film nous plonge également dans un monde inconnu sous la peau, sans forme, sans ce que Vesalius voulait nous montrer au XVIe siècle. C’est un spectacle étrange et captivant.
De Humani Corporis Fabrica est disponible sur Mubi à partir du 22 mai.
Points importants :
– Les cinéastes Lucien Castaing-Taylor et Véréna Paravel ont auparavant réalisé Leviathan, Somniloquies et Caniba
– Leur nouveau film, De Humani Corporis Fabrica, traite des procédures chirurgicales et cliniques dans plusieurs hôpitaux de Paris
– Le film offre des plans rapprochés extrêmes et des images profondément dérangeantes
– Le titre est tiré de l’étude anatomique classique d’Andreas Vesalius de 1543
– Le film plonge les spectateurs dans un monde inconnu sous la peau, sans forme, sans ce que Vesalius voulait nous montrer au XVIe siècle.

Grand fan de mangas et d’animes, je n’aime bien écrire qu’à propos de ses sujets, c’est pour ca que j’écris pour 5 minutes d’actus. Au quotidien de décortique, donne mes avis sur les différents épisodes et chapitres des mangas que j’aime lire.
