
Sugarcane: l’atroce scandale des pensionnats autochtones au Canada
Un documentaire profondément troublant et enragé met en lumière les centaines de « pensionnats indiens » pour les enfants autochtones au Canada, principalement gérés par l’Église catholique des années 1930 jusqu’aux années 1990. Il met en évidence le scandale grotesque d’un en particulier: l’école St Joseph’s Mission en Colombie-Britannique (depuis longtemps fermée) où les enfants autochtones étaient régulièrement victimes d’abus physiques et sexuels, les filles étant enceintes de leurs agresseurs violeurs. Quelques poursuites contre des prêtres individuels ont été engagées. Des rapports ont été faits. Mais il est clair que cela ne fait que gratter la surface.
Les réalisateurs s’entretiennent avec des membres de la communauté de la Réserve de Sugarcane en Colombie-Britannique, près de l’école détestée, et nous avons un aperçu de la douleur et du traumatisme hérité. De plus, une nouvelle technologie radar révèle maintenant des tombes de bébés autour de la propriété de l’école, et le film relate le cas de 1959 d’un nouveau-né apparemment abandonné par une mère autochtone et heureusement sauvé d’un incinérateur par un fermier qui a entendu des pleurs. Nous entendons un rapport de procès: la mère a été condamnée à un an de prison, le juge notant sévèrement que si le bébé n’avait pas été retrouvé à temps, cela aurait été un chef d’accusation pour meurtre. Mais sur ce sujet… si l’école laissait simplement mourir et enterrer ou se débarrasser des bébés des victimes de viol en silence, cela ne serait-il pas aussi de l’homicide?
Le moment le plus curieux de tout ce film est sans doute le discours franchement peu impressionnant du pape, qui en 2022 a invité les Autochtones canadiens au Vatican et a lu à haute voix des excuses écrites sur « la honte et la tristesse » – une déclaration en italien, pas la langue maternelle du pape ni de ses auditeurs. Il a ensuite conclu en anglais avec un « Bye, bye! » joyeux et souriant, comme s’ils étaient un groupe d’enfants. Ne serait-il pas temps pour la Gendarmerie royale du Canada de rouvrir ce sinistre dossier non résolu? Les excuses papales élaborées et fleuries ne suffiront pas.
