Lars von Trier est un réalisateur danois dont la comédie tragique et morne datant de 1996, portant sur la douleur émotionnelle, est maintenant rééditée dans le cadre d’une rétrospective dédiée à ce cinéaste. Ce film est magistralement interprété, avec une composition stylée et entièrement ridicule du début à la fin. Il s’agit d’une œuvre d’artsploitation d’une extrême extravagance, qui a bouleversé les spectateurs ébahis du Festival de Cannes.

  • Breaking the Waves a remporté le Grand Prix décerné à Von Trier, mais a échappé à la Palme d’Or.
  • Emily Watson, qui incarne le rôle principal de manière passionnée, est sans aucun doute la raison pour laquelle le film a du poids et du contenu. Elle illumine l’écran de son talent lumineux et de son dévouement.
  • Le film se déroule dans une petite communauté écossaise imaginaire à l’époque pré-mobile des années 70 et 80, où de nombreux hommes travaillent sur une plate-forme pétrolière pendant de longues périodes.
  • La communauté est dominée par une église patriarcale, austère, puritaine et au style plutôt scandinave. Les anciens ont l’habitude de condamner les coupables en les enterrant lors de cérémonies sinistres.
  • Le personnage principal, Bess, incarnée par Watson, est une jeune femme belle et naïve. Elle nettoie régulièrement l’église et a des conversations ventriloques étranges avec Dieu en privé.
  • Bess souffre de dépression et a déjà été hospitalisée après la mort de son frère Sam. Sa belle-sœur Dodo, une infirmière locale, est sa meilleure amie protectrice.
  • Le mari de Bess, Jan, un ouvrier pétrolier incarné par Stellan Skarsgård, est paralysé suite à un accident sur la plate-forme et lui demande d’avoir des relations sexuelles avec d’autres hommes afin de lui raconter ensuite, afin d’être intimement connectés mentalement.
  • La surprenante soumission sexuelle de Bess devient de plus en plus audacieuse, car elle croit que son sacrifice physique guérira Jan.
  • Le film, tout comme les autres œuvres de Von Trier, est une sorte de canular ou acte de malice, manipulant habilement le public avec un contrôle et une ingéniosité mortels.
  • Bien que Von Trier ait fait l’objet d’une interdiction de sept ans suite à ses sympathies pour Hitler, le Festival de Cannes a toujours été son tremplin, où il a obtenu de nombreux prix prestigieux.
  • Bien que je sois sceptique quant aux films de Von Trier depuis longtemps, je suis obligé de reconnaître la force de Breaking the Waves. Le film est tourné avec fluidité et énergie, les inserts oniriques des chapitres sont saisissants, l’image finale est puissante, et bien sûr, Watson elle-même est une réussite.

Nous pourrons redécouvrir Breaking the Waves dans les cinémas français le 4 août.

A Lire aussi  "Un film comique géorgien des années 70 à la Terry Gilliam : critique d'Eccentrics"