La réalisatrice française Mia Hansen-Løve a le don de réaliser des films délicats et inattaquables sur les rites de passage émotionnels dévastateurs. Elle a abordé la mort, le divorce et l’adolescence traumatisante avec douceur, sans jamais tomber dans la mièvrerie. Son dernier film, One Fine Morning – désormais disponible en streaming sur Mubi – adopte la même approche pour l’inversion de vie la plus étrange et la plus tendre, lorsque les enfants deviennent les aidants de leurs parents. Suivant une mère célibataire parisienne (Léa Seydoux, au sommet de son art) alors qu’elle compose avec les complications de la prise en charge de son père âgé et partiellement aveugle au sein du système national de soins, de lutter contre sa démence à redéfinir sa collection de livres, le film est silencieusement dévastateur, avec des moments d’humour chaleureux et optimisme.

Hansen-Løve a déjà abordé la douleur de devoir élever ses parents, avec le duo passif-agressif entre Isabelle Huppert et feu Édith Scob parmi les moments forts de son charmant film Things to Come en 2016 (également disponible sur Mubi). Ces deux films entrent dans le canon restreint d’œuvres sur un sujet que le public n’est pas toujours désireux d’affronter. Certains réalisateurs l’aborde avec une sentimentalité excessive, tandis que d’autres optent pour une crudité confrontante. Du côté de la sentimentalité excessive, on peut citer le premier film de Gary David Goldberg, créateur de sitcom, intitulé Dad en 1989, qui fait partie d’une série de drames parents-enfants, drôles par moments, que Hollywood a imaginés après Tendres Passions. Avec Ted Danson dans le rôle d’un homme d’affaires vif qui renoue avec son père (Jack Lemmon) dont l’état de santé se détériore, il est mécaniquement pompeux et mélodramatique, mais la performance de plus en plus vulnérable de Lemmon vous touche malgré tout.

Pour une approche plus convaincante et dure d’un scénario similaire, on peut se tourner vers un film indépendant britannique peu connu sorti il y a quelques années. Radiator de Tom Browne (Amazon) est un portrait rempli d’hostilités vocales et de tensions non dites d’un homme d’âge moyen (Daniel Cerqueira) qui retourne dans le modeste cottage de Cumbrie qu’il partage avec ses parents (Gemma Jones et Richard Johnson). Son père est colérique, sa mère est soumise ; ses tentatives souvent contrariées de s’occuper d’eux ne mènent pas à une catharsis pratique, mais à une grâce compromise.

Dans le touchant et autobiographique Beginners de Mike Mills, qui a remporté un Oscar bien mérité pour Christopher Plummer dans le rôle d’un mari et père dévoué qui finit par sortir du placard après la mort de sa femme, il y a plus de joie et d’affection démonstrative. Ewan McGregor incarne le fils adulte qui se charge de prendre soin de son père dans ce nouveau chapitre aigre-doux. La parentalité queer est également abordée dans Tout s’est bien passé de François Ozon, une étude pondérée et compatissante d’une famille qui accepte le souhait du patriarche fragile d’avoir une assistance médicale pour mourir.

Les frictions qui surviennent lorsque les parents et les enfants vivent ensemble en tant qu’adultes sont explorées dans le poignant et sublime The Trip to Bountiful, une pièce de théâtre américaine de Horton Foote (Amazon), sublimée par la performance exquise de Geraldine Page dans le rôle d’une veuve qui ne parvient pas à se sentir chez elle chez son fils. Dans The Savages de Tamara Jenkins, qui aborde le sujet de manière drôle et déchirante, deux frères et sœurs (Laura Linney et Philip Seymour Hoffman, tous les deux merveilleux) partagent le fardeau de la maladie d’Alzheimer de leur père, un défi qui met en évidence leurs rôles familiaux et leurs priorités divergentes.

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Comme je l’ai déjà mentionné, les ravages de la démence et ses effets sur la famille sont devenues des préoccupations importantes dans les films récents. Le Père de Florian Zeller, lauréat d’un Oscar, et le documentaire brillamment ludique de Kirsten Johnson, Dick Johnson Is Dead (tous deux sur Netflix), sont des portraits intensément émouvants d’enfants s’accrochant aux souvenirs qui échappent à leurs parents. Dans le délicieux Eat Drink Man Woman d’Ang Lee (Curzon), où la nourriture tient une place centrale, trois filles s’occupent de leur père, un chef veuf, et leur soin lui permet de trouver un nouvel amour. Dans Bug (Amazon), comédie mordante d’Albert Brooks, un écrivain divorcé retourne vivre avec sa mère fragile, et leur arrangement stimule finalement la créativité des deux côtés. Toutes les histoires de parents qui prennent soin de leurs parents n’aboutissent pas au vide ; parfois, le changement est simplement un nouveau départ.

Voici une liste des principaux points de l’article :
– Mia Hansen-Løve est une réalisatrice française qui fait des films délicats et émotionnellement poignants sur les rites de passage.
– Son dernier film, One Fine Morning, traite de la prise en charge d’un parent âgé par ses enfants.
– D’autres films abordent également ce sujet, mais certains tombent dans la sentimentalité excessive, tandis que d’autres adoptent une approche plus crue.
– Des films tels que Things to Come, Radiator, Beginners et Tout s’est bien passé explorent les relations entre parents et enfants dans des contextes différents.
– D’autres films, tels que The Trip to Bountiful et The Savages, examinent les difficultés de vivre ensemble en tant qu’adultes.
– Des films tels que The Father et Dick Johnson Is Dead se concentrent sur les effets de la démence sur la famille.
– Dans Eat Drink Man Woman et Bug, les enfants prennent soin de leurs parents, ce qui conduit à de nouveaux départs plutôt qu’au vide.
– Il existe un intérêt croissant pour les films sur la prise en charge des parents, et une variété d’options sont disponibles en streaming et en DVD.