Confessions of a Bad Boss: The Struggle to Disconnect

En tant que chef d’entreprise, j’ai un aveu à faire: je suis parfois un mauvais patron. Après avoir passé plusieurs décennies à étudier la gestion et le leadership, j’ai occupé ces dernières années le poste de directeur d’une grande école de commerce à Londres. Au départ, je voulais apporter une approche fondée sur des preuves à ma position de leader, mais je me suis retrouvé à adopter des mauvaises habitudes qui ne sont pas recommandées par la recherche.

Par exemple, j’ai pris l’habitude de contacter mes collègues en dehors des heures de travail, malgré des études montrant que cela peut avoir des répercussions négatives sur le bien-être des employés et sur la productivité. Malgré mes efforts pour limiter ces communications, je continuais de faire des écarts. Et je sais que je ne suis pas le seul. Beaucoup de personnes ont du mal à décrocher de leur travail en dehors des heures de bureau.

Cependant, la loi intervient désormais, que les managers faibles comme moi le veuillent ou non. En France, une loi a été adoptée en 2017 pour réguler l’utilisation des outils numériques en dehors des heures de travail afin de respecter les temps de repos, les congés et la vie personnelle des employés. D’autres pays ont suivi, comme l’Italie, la Slovaquie, le Luxembourg, le Portugal et la province canadienne de l’Ontario, et le parti travailliste au Royaume-Uni propose également un « droit à la déconnexion ». L’Australie a également adopté sa propre législation en la matière. Ces lois interdisent aux employeurs d’exiger que les employés répondent à des communications en dehors des heures de travail raisonnables, sous peine de sanctions financières.

Ces lois ont suscité des critiques, mais en Europe, leur impact semble être relativement positif. Elles ont permis aux employés de se sentir plus en contrôle de leur travail et ont amélioré leur satisfaction au travail, leur équilibre vie professionnelle-vie personnelle et leur santé. Cependant, leur efficacité dépend aussi d’autres mesures, comme l’éducation et des solutions techniques pour limiter les communications en dehors des heures de travail.

Alors que ces lois semblent bénéfiques pour les travailleurs, se pose la question de savoir si elles pourraient également être bénéfiques pour les chefs d’entreprise. Bien qu’il n’y ait pas encore eu d’étude systématique à ce sujet, il est probable que des travailleurs plus équilibrés et plus satisfaits soient aussi plus productifs sur le long terme. De plus, des chercheurs ont souligné que les managers seraient plus efficaces s’ils réussissaient à réduire le superflu dans leur vie professionnelle.

Le droit à la déconnexion peut donc être une opportunité pour nous, managers, de nous concentrer sur ce qui compte vraiment dans notre travail.

  • André Spicer est professeur de comportement organisationnel à la Bayes Business School de l’Université de Londres. Il est l’auteur du livre « Business Bullshit ».