OQuels que soient ses défauts, ce film régale les fans de la star française Léa Seydoux. Elle est en gros plan la plupart du temps : cette beauté féline envoûtante est froide au repos, un masque d’indifférence ou de mystère, mais avec une suggestion d’indulgence nocturne dans les légères rides sous les yeux. Elle a quelque chose de la hauteur d’Isabelle Huppert – bien que le vide légèrement ironisé de Huppert ne soit apparu qu’à un stade de vie plus tardif. La coiffure et le maquillage de Seydoux sont dignes d’être évanouis, en particulier la coupe artérielle du rouge à lèvres. Elle n’apparaît jamais sans une tenue de créateur différente et entièrement magnifique (principalement Louis Vuitton), assez sensationnelle pour briser le verre.
Quant au film lui-même, c’est une bizarrerie qui ne trouve jamais tout à fait son but ou sa forme. Il s’agit en partie d’une satire d’actualités télévisées / de célébrités dans le style de Network ou Broadcast News ; en partie une parabole sur l’état de la nation (cela peut simplement se résumer au fait que son personnage s’appelle « France » et que les gens disent des choses comme « Je t’aime, France ! ») ; et en partie une rêverie tragi-comique sur ce que veulent les femmes et ce que veulent les hommes.
C’est avec cette troisième qualité que se fait sentir la présence énigmatique du réalisateur Bruno Dumont. Il a commencé comme une sorte de réalisme social bressonien, utilisant souvent des lieux du nord de la France et des acteurs non professionnels ; et il y a des nouveaux venus non professionnels ici, et la scène finale se passe bien dans le nord de la France. Dumont a pivoté vers une comédie large et farfelue, et semble maintenant être revenu au sérieux, bien que dans ce film, le tempo du dialogue décélère souvent mystérieusement vers une épiphanie étrange ou une dépression nerveuse.
Seydoux joue France de Meurs, une présentatrice de journaux télévisés de renommée nationale qui ne peut jamais sortir en public sans que les gens mendient pour des selfies ; dans la scène d’ouverture hilarante, elle est truquée dans une conférence de presse adressée par Emmanuel Macron et est personnellement convoquée par le président, ce qui conduit à des sourires conspirationnistes scandaleux entre la France et son producteur et BF Lou (Blanche Gardin). (Le générique de fin indique clairement que Macron n’a pas intentionnellement contribué au film.) Tout n’est pas génial dans sa vie : son mari Fred (Benjamin Biolay) est un romancier médiocre qui doit sa carrière à la célébrité française.
Et puis : la catastrophe. Par inattention au volant de sa voiture, elle fait tomber accidentellement un jeune livreur de son scooter, et le choc de cela et la mauvaise presse inconnue déclenchent un étrange effondrement dépressif en France, qui n’arrête pas de pleurer. Elle rend visite avec regret à sa victime Baptiste (Jawad Zemmar) qui vit avec sa mère (Noura Benbahlouli) et son père (Abdella Chahouat) tout aussi pauvres pour implorer leur pardon et offrir de grosses sommes d’argent. Ses victimes stupéfaites ne pensent jamais un instant à la poursuivre en justice et sont tout simplement submergées par l’honneur de sa visite. Ensuite, France envisage de quitter complètement le monde vide de la télévision et se rend dans une station de cure de désintoxication alpine pour une rencontre romantique vouée à l’échec. Mais attendez : pourrait-elle rejoindre le monde de la télévision et utiliser sa nouvelle propension à pleurer pour paraître plus compatissante dans les reportages sur les zones de guerre ?
L’action ostensiblement satirique du film se déroule assez bien, et Seydoux est toujours extrêmement charismatique. Mais l’intérêt du film réside dans ces étranges ralentir des moments où rien ne se passe à l’improviste, lorsque les personnages se regardent ou dans l’objectif de la caméra et semblent s’éloigner. C’est le genre de touche « à l’air mort » que les journaux télévisés redoutent – mais qui rend cela intéressant.

Grand fan de mangas et d’animes, je n’aime bien écrire qu’à propos de ses sujets, c’est pour ca que j’écris pour 5 minutes d’actus. Au quotidien de décortique, donne mes avis sur les différents épisodes et chapitres des mangas que j’aime lire.
