Certaines personnes pensent que si les choses tournaient trop mal ici-bas, nous – je veux dire l’humanité – pourrions toujours aller nous rendre visite ailleurs, sur une exoplanète hospitalière. Est-ce raisonnable ?
Premièrement, il y a un sérieux problème de transport. Les exoplanètes les plus proches se situent à quelques années-lumière, et il faudra plusieurs millions d’années pour voyager jusqu’à l’une d’entre elles… Il faudra donc s’aimer à la folie pour être emprisonné, mais aussi pour passer des rayons cosmiques sans provoquer de cancer. à la vitesse des concierges et, surtout, à concevoir au bon rythme pour renouveler l’équipage, vu le petit nombre de lits disponibles…
Et il y a une autre difficulté très sérieuse que j’emprunte à Edmund Husserl. Dans un texte de 1934 intitulé « La Terre ne bouge pas », le philosophe allemand défend l’idée que la Terre n’est pas pour nous une planète comme les autres : elle apparaît comme la base originelle et indispensable de notre support corporel, si bien qu’elle n’est pas en mouvement. Il en est arrivé au point où il serait illusoire d’espérer se libérer de sa présence attirante et bienveillante.
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Changer la planète signifierait devenir différent
Bien sûr, nous savons que la Terre tourne, mais cette connaissance ne suffit pas à annuler ou même à relativiser la perception sensorielle que nous avons et qui nous manquerait si nous allions très loin dans l’espace.
Bref, nous aurions été terriens avant de devenir humains. Alors si nous campions très loin de la Terre pour ne même pas la voir, nous perdrions certainement une partie de notre équilibre mental et de notre humanité. Ainsi, changer la planète signifierait littéralement devenir différent. Contrairement aux lois physiques, une personne n’est probablement pas invariante lorsqu’elle se déplace dans l’espace, de sorte que même si nous lui révélions des sœurs presque jumelles, la Terre – notre « archidôme », reparlant là encore, comme Husserl – ne deviendrait pas pour autant commune à nous. .
Et puis n’y a-t-il pas un paradoxe dans le raisonnement de ceux qui nourrissent l’espoir que nous pourrions bouger collectivement si la Terre devenait inhospitalière ? Leur credo est que nous sommes si flexibles existentiellement, vivant si bien dans des conditions très différentes de ce que nous connaissons ici sur Terre, que nous pouvons nous adapter aux situations les plus extrêmes qui pourraient exister sur une autre planète. Or – et c’est là la contradiction – si nous étions déjà incapables de nous adapter à notre planète, qui se dégraderait, comment pourrions-nous garantir que nous pourrions nous adapter aux conditions d’une planète différente de la nôtre ?
Envisagez toutes les possibilités
Mais le fait qu’il soit peu probable que nous migrons tous ensemble vers un monde lointain n’enlève rien à l’intérêt porté à certains projets spatiaux. On se souvient de cette blague d’avant la chute du mur de Berlin. Brejnev s’adresse aux cosmonautes soviétiques :
– Les Américains sont allés sur la lune, vous irez sur le soleil !
– Mais nous brûlerons vifs, camarade Brejnev !
– Rassurez-vous, la fête a tout prévu : vous y irez de nuit.
Cette digression nous rappelle avec humour que dans l’espace le ciel peut toujours être noir, mais il n’y a pas de nuit car le Soleil y est toujours visible. Et aucun nuage ne bloque la lumière du soleil. Ainsi, des satellites situés bien au-dessus de l’atmosphère terrestre, en orbite géostationnaire à 36 000 kilomètres d’altitude, grâce à des panneaux géants, pourraient en permanence capter une partie de l’énergie émise par notre étoile, puis la convertir en électricité. Cette énergie serait ensuite envoyée via des micro-ondes à la surface de la Terre, où elle serait captée par de vastes champs de cellules photovoltaïques et éventuellement convertie en électricité pour un usage personnel ou industriel.
On peut imaginer la complexité et le coût d’un tel projet, surtout si l’on sait que chacun des satellites aurait une masse dix fois supérieure, sinon plus, à celle de la Station Spatiale Internationale, qui pèse déjà 450 tonnes et ne circule que » à 400 km d’altitude. Mais si l’on veut décarboner la production d’électricité, ne faut-il pas envisager toutes les voies, y compris celles qui ressemblent à une ruée technologique ?
des avis
Chronicle of Cecile Maisonneuve
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Grand fan de mangas et d’animes, je n’aime bien écrire qu’à propos de ses sujets, c’est pour ca que j’écris pour 5 minutes d’actus. Au quotidien de décortique, donne mes avis sur les différents épisodes et chapitres des mangas que j’aime lire.



