Quatre hommes ont été condamnés à Paris pour association de malfaiteurs après le meurtre d’un prêtre catholique dans une église normande en 2016, un attentat revendiqué par le groupe Etat islamique.

Les quatre ont été condamnés à des peines allant de huit ans à la prison à vie pour l’attaque contre le père Jacques Hamel, 85 ans, qui a été poignardé dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray par deux jeunes de 19 ans alors qu’il terminait la messe. Deux religieuses et un couple de personnes âgées ont été retenus en otage avant que les assaillants ne tranchent la gorge du prêtre et blessent grièvement un autre pratiquant âgé.

Les deux agresseurs, Abdel Malik Petitjean et Adel Kermiche, ont été tués par la police alors qu’ils quittaient l’église. Les quatre hommes jugés étaient accusés d’avoir aidé ou encouragé l’attentat.

L’archevêque de la région s’est félicité du verdict de mercredi, et l’avocat du blessé a décrit un sentiment inhabituel de « spiritualité » lors du procès. Les familles des victimes ont tenu la main des accusés et l’homme blessé a témoigné qu’il leur avait pardonné, a déclaré l’avocat.

Seuls trois accusés étaient présents au procès, et l’autre a été condamné par contumace.

Les trois présents n’ont pas joué de rôle dans la réalisation de l’attentat, mais faisaient partie de l’entourage des assaillants. Au cours du procès, ils ont demandé pardon et reconnu s’être volontairement associés à des individus qui s’apprêtaient à commettre des crimes terroristes. Mais ils ont fait valoir que cela ne suffisait pas non plus à les qualifier de terroristes.

Les procureurs n’étaient pas d’accord et les juges les ont tous reconnus coupables d’association criminelle avec des terroristes.

Jean-Philippe Steven Jean-Louis, 25 ans, a été condamné à 13 ans de prison pour avoir tenté de se rendre en Syrie avec l’un des assaillants, et pour son prosélytisme islamiste sur Telegram.

Un cousin de l’un des assaillants, Farid Khelil, a été condamné à 10 ans. Les procureurs ont déclaré qu’il avait été informé du plan d’attaque et qu’il l’avait soutenu. Il a témoigné au procès qu’il était bisexuel, non religieux et qu’il passait son temps à boire de l’alcool et à fumer du cannabis, dans un effort apparent pour se distancier des extrémistes religieux.

Yassine Sebaihia a été condamné à huit ans, après avoir traversé la France pour rejoindre l’un des agresseurs pour des « cours de religion ».

La plus lourde peine a été infligée à l’accusé absent : Rachid Kassim, un Français qui était un recruteur notoire de l’État islamique, a été condamné à la prison à vie. Kassim, qui aurait été tué dans une frappe de drone en 2017 en Irak, est soupçonné d’avoir utilisé les réseaux sociaux pour encourager l’attaque contre le prêtre. Kassim avait déjà été condamné à perpétuité par contumace en 2019 pour avoir ordonné un attentat raté près de la cathédrale Notre-Dame.

L’archevêque de Rouen a déclaré dans un communiqué : « Justice a été rendue… [the court] devait condamner ces hommes pour le bien de la société.

L’avocate Mehana Mouhou a déclaré qu’au procès, « personne n’était là dans la haine ou la vengeance ».

Il s’agissait de l’un des nombreux procès concernant une série d’attaques liées à l’État islamique contre la France. Le procès est toujours en cours sur le pire d’entre eux : les attentats terroristes de Paris en novembre 2015 qui ont fait 130 morts au théâtre du Bataclan, au stade national et dans de multiples cafés.

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