pourquoi la campagne de vaccination d'automne stagne › - 1

Pourrait-il y avoir de légères fluctuations onze jours après le début de la campagne de vaccination d’automne ? Les dernières données de Santé publique France (SPF) confirment la reprise de l’épidémie avec près de 390 919 nouveaux cas confirmés hebdomadaires (+22% par rapport à la semaine précédente), 5 834 hospitalisations ces sept derniers jours et, surtout, le facteur de reproduction (le le fameux R effectif) toujours supérieur à 1 (1,19). « Nous sommes dans un environnement à fort trafic et constatons une augmentation des admissions à l’hôpital », insiste-t-on du côté du SPF. Pourtant, les Français semblent réticents à donner un deuxième rappel : seulement 17 150 personnes environ l’ont reçu au cours des sept derniers jours. Avec de grosses différences : « A priori, c’est dans les EHPAD que ça va le plus vite parce qu’il y a des malades là-bas, ils n’ont plus de résistance et il y a des vaccins bivalents », explique Pascal Champwer, président de l’AD-PA, Association des directeurs d’infirmerie. Foyers et structures de soins à domicile. Mais en général, les choses ne vont pas très vite ailleurs. « Disons que le démarrage de cette nouvelle campagne est poussif et pas massif », résume Pierre-Olivier Vario, président de l’Union des pharmaciens de proximité (USPO).

Cet été, les Français ont refusé les vaccins

Les facteurs à cela sont multiples, dont le premier est qu’une situation défavorable ne peut pas être changée du jour au lendemain : selon la Direction générale de la santé (DGS), seuls 41 % de la population éligible à une nouvelle dose ont reçu une nouvelle dose. Cela signifie qu’au cours des six derniers mois, la plupart de ceux qui auraient pu refuser les vaccinations. La raison en est la période estivale, synonyme de vacances, le fait qu’il n’y avait (heureusement) pas de nouvelle souche (ou variante plus virulente), qu’il y avait nettement moins de formes graves (grâce aux vaccinations) et que depuis le début de l’année scolaire c’était difficile. Aujourd’hui, au vu des derniers chiffres, le contexte est différent.

Autre facteur d’hésitation : le pouvoir politique a volontairement rassuré courant septembre, notamment par l’intermédiaire de François Brown, le ministre de la Santé et de la Prévention, qui ne se presse pas de qualifier la reprise de « huitième vague », contrairement au professeur Brigitte Autrans, la Président. Comité de veille et de prévision des risques sanitaires (Covars). De même, en plus de ces écarts importants, et depuis près de trois ans que dure cette épidémie de Sars-CoV-2, une partie de la population éprouve une certaine fatigue. « Il y a beaucoup moins de formes graves, mais c’est grâce aux vaccins que certains Français ne sont peut-être pas conscients de l’urgence de ce rappel automnal », estime Alain Fischer, professeur d’immunologie et ancien président du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale.

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Outre le laxisme, beaucoup de nos concitoyens ne savent plus très bien où ils en sont avec le fameux « calendrier des vaccinations » : on parle par exemple du deuxième rappel, qui correspond à la quatrième dose du vaccin… Et les conditions même pour ceux qui y ont droit Ce rappel automnal, lancé par la Haute Autorité de Santé (HAS) le 19 septembre, épaissit le brouillard : on parle des personnes de plus de 80 ans, de plus de 60 ans et des adultes de moins de 60 ans. formes de la maladie (ceux qui ont des comorbidités qui les exposent à des formes sévères), les femmes enceintes, les personnes immunodéprimées (quel que soit leur âge), les adolescents et les enfants à haut risque (ceux qui souffrent de certaines pathologies). Toutes les personnes qui se retournent sont ajoutées à ce groupe. On parle de la stratégie du cocon, c’est-à-dire des personnes qui entrent en contact avec eux : proches, mais aussi soignants. « Ces critères sont en constante évolution, ce qui nous oblige, nous pharmaciens, qui faisons aujourd’hui la majorité des injections, à avoir une certaine capacité d’adaptation, explique Pierre-Olivier Vario. Surtout quand, après les nouvelles règles édictées par la HAS, le ministre de la Santé a assuré le 27 septembre que « bien sûr, si vous voulez vous faire vacciner, vous pouvez vous faire vacciner » (c’est-à-dire : tout le monde peut se faire vacciner).

Respecter les intervalles entre deux injections

Si l’on s’en tient aux critères de la HAS, « cela représente 25 millions de Français, dont 17 millions sont actuellement éligibles ». C’est ce qu’a annoncé le ministère de la Santé le 5 octobre lors d’un point presse. Mais il y a aussi des délais à cette liste exhaustive, puisqu’il faut, d’une part, respecter le délai minimum entre les injections (trois ou six mois), et d’autre part, tenir compte d’éventuelles infections au Covid-19. . la même période de temps – ce qui est plus ou moins considéré comme une injection… Du coup, les bons étudiants de plus de 85 ans qui ont déjà reçu leur quatrième dose au printemps (par exemple, à la mi-mai), se retrouvent aujourd’hui parfois dans des conditions pour porter à partir de … le cinquième. A l’inverse, si vous avez 65 ans et avez reçu votre quatrième dose en même temps, vous n’êtes pas éligible (six mois de retard) et encore plus si vous avez été infecté entre le 15 mai et aujourd’hui… « Je pense qu’il est temps d’arrêter de parler de des cas précis et envoyer un signal qu’il faut rappeler aujourd’hui aux personnes fragiles, quel que soit le nombre de leurs doses précédentes », tente de simplifier Alain Fischer. Il s’agit en quelque sorte de remettre les compteurs à zéro et d’avoir un calendrier de vaccination complet.

Enfin, dernier point de confusion entre la grande disponibilité des vaccins monovalents classiques et l’avènement un peu tardif des vaccins bivalents « Certains ont peut-être hésité et se sont dit qu’il valait sans doute mieux attendre la dernière génération avant de se faire vacciner », pense Pierre-Olivier Vario. « Mais aujourd’hui, les bivalents existent et sont facilement disponibles. » D’ici la fin du mois, les pharmacies devraient recevoir 8 à 12 millions de doses. Or, à l’inverse, ces deux nouveaux vaccins, ciblant à la fois la souche mère et les variants Omicron (BA.4 et BA.5 pour Pfizer BioNt-Tech ; BA.1 pour Moderna), suscitent quelques réticences. recevoir une dose de rappel. « Les premiers résultats montrent qu’ils sont bien tolérés, et le contraire serait étonnant puisqu’il s’agit de la même technologie ARN messager mais adaptée au variant Omicron », détaille Alain Fischer.

Combinaison de vaccins contre la grippe et de Covid-19

Après quelques hésitations, le véritable démarrage de la campagne de vaccination devrait avoir lieu en début de semaine prochaine avec l’ouverture d’une autre grande campagne de vaccination d’automne : contre la grippe, une épidémie majeure que de nombreux experts prédisent dans deux ans. calme relatif.

«Ce sont les mêmes publics cibles, et certains d’entre eux ont déjà reçu un message les avertissant que leur dose antigrippale est disponible. Cela devrait être l’occasion pour eux d’avoir aussi une dose de rappel Covid-19″, espère Pierre-Olivier Vario. Dans tous les cas, la HAS recommande de combiner deux injections. « La réponse immunitaire pourrait être encore plus forte, ce qui signifie que la vaccination est plus efficace », ajoute le pharmacien. Comment passer un hiver tranquille ?

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