où en sont les dernières négociations avant la présentation du texte ? - 1

Le jour J approche pour le gouvernement. Mardi 10 janvier, lors d’une conférence de presse à 17h30, Elizabeth Bourne présentera sa réforme explosive des retraites, contre laquelle des syndicats comme la CGT prévoient déjà de manifester. Parallèlement, le Premier ministre sera l’invité de France 2 à 20h00, puis répondra aux questions du public sur la chaîne franceinfo.

La voie tient désormais la corde : le report de l’âge de la retraite à 64 ans conjugué à l’accélération de l’allongement de la durée de cotisation, qui passera à 43 ans (172 trimestres) avant l’horizon fixé de 2035 grâce à la réforme Touraine de 2014, grâce à une augmentation d’un quart de la durée minimale de cotisation tous les deux ans, voire tous les ans.

Dans un premier temps, l’exécutif a envisagé la possibilité de reporter l’âge de la retraite à 65 ans. Selon un sondage Ifop-Fiducial, plus des deux tiers des Français (68%) sont opposés aux reports à 64 ans. « Il n’y aura pas d’accord avec la CFDT » en cas de changement d’âge, et « on fera tout pour forcer le gouvernement à reculer », prévient son chef Laurent Berger.

A la RATP des régimes fermés spéciaux pour les nouveaux candidats

L’exécutif s’est engagé à ne pas dépasser les 43 rentes nécessaires pour bénéficier du taux plein. De plus, le report de l’âge de la majorité n’affectera pas l’âge d’annulation du remboursement, qui restera fixé à 67 ans. Ainsi, les femmes dont les carrières risquent le plus d’être écourtées toucheront une retraite à taux plein au même âge qu’aujourd’hui, affirme le gouvernement.

A la RATP, comme pour les électriciens et les gaziers, les modes spéciaux pour les nouveaux adhérents seront fermés, comme cela a déjà été fait à la SNCF. Et ces professions, ainsi que les cheminots et les fonctionnaires (y compris ceux de la catégorie active), devront également partir deux ou trois ans plus tard qu’aujourd’hui. Cette perspective annonce une forte mobilisation dans ces bastions syndicaux. Cependant, dans ces régimes spéciaux, le relèvement de l’âge de la retraite risque de commencer un peu plus tard, car la réforme Werth de 2010, qui l’a déjà relevé de deux ans, n’y sera pleinement en vigueur qu’en 2024.

Créer un index majeur

Le gouvernement sera également prêt à relever le minimum de retraite à 1 200 euros pour tous les retraités, pas seulement les nouveaux arrivants, lors des débats parlementaires.

S’agissant de l’emploi des personnes âgées, le Gouvernement prévoit que les trimestres travaillés dans le cumul du travail et la retraite sont désormais imputés sur la pension, et que l’accès à la retraite progressive est facilité et ouvert aux fonctionnaires. Il souhaite créer un classement des seniors, convenu dans chaque branche et publié par les entreprises de plus de 50 salariés, assorti d’une sanction pour ceux qui ne respectent pas cette obligation de promotion.

L’exécutif entend également empêcher la reprise des activités, qui peut entraîner la perte de rémunération pour les personnes âgées. A cet effet, le gouvernement réfléchit à une prime qui pourrait figurer dans le cadre du régime d’assurance-chômage, instauré à partir du 1er janvier 2024.

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Pension de 85% du salaire minimum pour toute la carrière

Dans le cadre des mesures de justice sociale, l’exécutif envisage de porter la pension minimale à 85 % du salaire minimum pour une carrière complète. Les syndicats soutiennent que la mesure s’applique aux retraités actuels, pas seulement aux nouveaux arrivants.

Le gouvernement veut également permettre à ceux qui ont commencé à travailler jeunes de partir plus tôt. Le départ sera toujours prévu avant deux ans pour ceux qui ont confirmé cinq trimestres de moins de 20 ans, et peut-être quatre ans pour ceux qui en cumulent dix. Aurore Bergé, présidente du groupe des députés macronistes, exhorte Le Parisien à prendre en compte les « termes d’études » entre 16 et 18 ans pour les « départs anticipés ».

En termes d’intensité de travail, la réforme répondra peut-être à certains critères abandonnés en 2017 mais chers aux syndicats : port de charges lourdes, postures pénibles et vibrations mécaniques. Enfin, une réflexion est en cours sur la mise en place d’un congé de reconversion pour les allocataires du compte de prévention professionnelle (C2P) ainsi que sur la constitution d’un fonds de prévention contre l’usure pour les métiers identifiés comme difficiles.

Eric Ciotti prêt à « voter pour une réforme juste »

N’ayant pas réussi à convaincre les syndicats, le gouvernement espère rallier les élus républicains (LR), divisés sur cette réforme mais proches de faire voter chaque année le Sénat, avec une majorité à droite. Le président du parti, Eric Ciotti, s’est dit prêt à « voter pour une réforme juste » et à la prolonger dans le temps, avec l’âge de départ relevé à 64 ans en 2032 et un minimum de 1.200 euros, y compris les retraités actuels. Le vote LR aurait pu éviter d’utiliser le 49,3 pour faire passer la réforme, qui devrait passer par un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale.

Le gouvernement n’a pas tardé à saluer la position du patron de LR. Ainsi, le ministre délégué aux Comptes publics Gabriel Attal a salué la « responsabilité » des Républicains. Il a souligné sur France 3 que les Républicains « pendant la campagne présidentielle ont parlé de la nécessité d’une réforme des retraites avec un abaissement de l’âge de la majorité ».

Le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire a également salué la volonté d’Eric Ciotti de faire voter une « réforme équitable » des retraites. « Les républicains sont prêts à voter pour une réforme juste des retraites, c’est bien, je pense que ce que nous présentons est juste et sera aussi efficace en termes d’équilibre du système financier des retraites », a-t-il déclaré en France. 5. « Ainsi, il est possible de négocier avec les républicains », a ajouté le deuxième numéro du gouvernement.

Le texte sera examiné en Conseil des ministres le 23 janvier, mais les syndicats, réunis mardi soir, prévoient de se mobiliser plus tôt, tandis qu’à gauche les Nupes tiendront des meetings les 10 et 17 janvier et la LFI manifestera le 21 janvier. . doit passer en commissions à l’Assemblée nationale à partir du 30 janvier et en demi-cycle le 6 février.

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