Les motos électriques gagnent en popularité à Cotonou et Lomé – Science et Avenir › - 1

Pour se déplacer dans la ville de Cotonou, où elle possède un atelier, Edwige Govi, une coiffeuse de 26 ans, roule sur des motos électriques qui battent leur plein dans la capitale économique béninoise.

« Ils sont très calmes et ne fument pas », explique la jeune fille qui vient de terminer une course de moto-taxi. En avant, Octave, son chauffeur abonde : « Asseyez-vous et regardez !

Et financièrement : « J’arrive à faire face », dit-il en jetant un gilet vert et jaune sur ses épaules. « Je gagne plus d’argent qu’avec ma moto mécanique. »

Les motos-taxis sont populaires dans toute l’Afrique de l’Ouest, mais au Bénin et au Togo, les conducteurs et les clients passent de plus en plus des motos à essence aux motos électriques, plus respectueuses de l’environnement et surtout moins chères à utiliser et à entretenir.

« Le premier avantage de ce type de transmission est la réduction de la pollution atmosphérique, puisqu’elles n’utilisent pas de carburant », explique l’écologiste Muriel Hosanhekpon.

Dans les villes africaines, la pollution de l’air, causée notamment par le trafic routier, est l’une des premières causes de décès et donc un problème majeur de santé publique.

Un employé de Zed-Motors installe une batterie chargée sur une moto électrique à Cotonou, le 21 octobre 2022. (AFP – Yanick Folly)

En fait, les acheteurs se tournent davantage vers les motos électriques car elles sont moins chères, constate Alain Tossunon, journaliste écologiste.

D’autant plus que le continent fait face à une explosion des prix du carburant causée, en partie, par l’invasion russe de l’Ukraine.

La possibilité de payer à crédit directement chez le concessionnaire explique aussi cette envie de modèles électriques, explique M. Tossunon.

– Compétitivité –

Fascinés par ces « vélos silencieux », de nombreux adeptes ont eu recours au crédit avec une facture journalière, hebdomadaire ou mensuelle.

Au Bénin, une moto électrique coûte presque autant qu’une moto à essence, environ 490 000 francs FCFA (750 euros).

La compétitivité des motos-taxis est due, en partie, à l’exonération de la TVA et des droits de douane pour les véhicules hybrides et électriques, une mesure des autorités béninoises pour encourager la transition vers les véhicules électriques.

Des motos électriques Zed-Motors exposées dans un magasin de Cotonou le 21 octobre 2022 (AFP – Yanick Folly)

Depuis plusieurs mois à Cotonou, deux entreprises proposent des modèles électriques et se disent débordées de demandes.

« Il y a une ligne ici du matin au soir. Au moins deux personnes quittent le magasin toutes les heures », explique Aniset Takalojou, représentant commercial pour l’un des magasins.

Oloufunmi Kukoi, 38 ans, directeur d’une autre société fournissant ces motos à Cotonou, déclare : « Nous avons des milliers de motos électriques en circulation et le nombre augmente chaque jour ».

En assemblant les motos localement au Bénin, a-t-il dit, ses motos électriques sont moins chères que si elles étaient importées déjà assemblées.

– Panneaux solaires –

Pour attirer les clients, sa société Zed-Motors propose des panneaux solaires pour faciliter la recharge de ceux qui n’ont pas d’électricité à la maison.

Pendant des décennies, le Bénin et son économie ont beaucoup souffert des mues quotidiennes. La situation dans la ville s’est améliorée ces dernières années, bien que les coupures de courant soient encore fréquentes.

A Lire aussi  Le prototype 'Moon Gallery' arrive à la station spatiale avec 64 œuvres d'art › Geeky News

Mais dans les zones suburbaines et rurales, l’électricité reste pratiquement indisponible. Cela limite considérablement le développement de l’industrie de l’énergie électrique dans le pays.

A Lomé, la capitale du Togo, Octave de Souza sillonne fièrement les rues sur sa toute nouvelle moto électrique verte. Un moment en particulier lui plaît : plus de vidanges.

« Il suffit de changer la pile », sourit-il. « Il y a des points de vente, vous y allez et on vous l’échange. C’est 1 000 FCFA (1,50 euros) l’unité. La batterie électrique lui permet de rouler trois à quatre jours de course.

D’autres se méfient des modèles électriques. Coffey Abotsi, chauffeur de taxi, provoque par exemple le « stress » de devoir trouver rapidement une borne de recharge pour ne pas tomber en panne.

« Parfois, cela nous oblige à changer (la batterie) même avec 10 ou 15% restants, donc il n’y a pas de mauvaises surprises en cours de route. »