Dans le thriller cérébral d’Anatomie d’une Chute de Justine Triet, la catastrophe arrive sans cérémonie. Une journée qui semblait normale pour une famille dans les Alpes prend une tournure inattendue lorsqu’un homme est retrouvé mort dans la neige. Sa femme, l’écrivaine Sandra Voyter, se retrouve rapidement suspectée. Ce qui suit est un drame judiciaire tendu et sans sentimentalisme, exposant au grand jour les griefs et les secrets du couple au nom de la justice, et de plus en plus source de fascination publique.

L’un des aspects les plus intrigants du film est ce qu’il choisit de retenir. Alors que le cinéma semble regorger de flashbacks, montrant des scènes du passé dans une douce luminosité luxuriante, ici, le réalisateur fait le choix audacieux de rendre le mari de Sandra principalement absent, comme un spectre. C’est le présent de Sandra qui est examiné avec attention, mettant en lumière des enjeux de politique de genre tout au long du procès.

Le film Anatomie d’une Chute démystifie le fantasme d’une résolution claire dans les affaires criminelles. Pour chaque analyste qui évoque un mari rempli de colère et de ressentiment, il y a une femme qui se rappelle d’un homme qui, oui, était parfois frustré, mais qui a aussi vécu sa vie. Pour chaque expert qui déclare que les éclaboussures de sang pointent vers un meurtre, il y en a un autre témoignant que les répartitions inégales de poids corporel suggèrent une chute accidentelle. « Tu dois simplement prendre une décision », dit un ami à Daniel, l’enfant pris au milieu de ce scandale public chaotique et triste. La vérité finira peut-être par éclater, mais il est certain que tout cela laissera des dégâts.

Important points:
– Thriller cérébral sans cérémonie
– Sandra Voyter suspectée dans la mort de son mari
– Drame judiciaire sans sentimentalisme
– Choix audacieux du réalisateur de retenir des détails du passé
– Politique de genre au cœur du procès
– Démystification du fantasme d’une résolution claire dans les affaires criminelles