
Le Pakistan, touché par des inondations « dévastatrices » cet été, a lancé vendredi un appel désespéré à l’ONU pour sauver une planète menacée par le changement climatique induit par les pays riches qui a injustement frappé ce pays pauvre d’Asie du Sud. Premier ministre.
Lorsque le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’est rendu dans le pays sous l’eau le 10 septembre, il s’est exclamé qu’il n’avait «jamais vu un carnage climatique de cette ampleur».
S’exprimant depuis la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies vendredi, le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a souligné que « le Pakistan n’a jamais vu une illustration aussi absolue et dévastatrice de l’impact du réchauffement climatique ».
Mais le Premier ministre, dans un discours enthousiaste, a ajouté une sombre prédiction.
– « Catastrophe » climatique –
Il a averti la communauté internationale que cette « calamité » climatique due aux pluies de « mousson monstrueuse » n’est qu’un prélude à ce que le reste du monde nous réserve. « Une chose est très claire : ce qui s’est passé au Pakistan ne restera pas qu’au Pakistan », a déclaré M. Sharif, parfois en colère dans la voix et le visage couvert.
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif s’adresse à la 77e session de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York le 23 septembre 2022. (AFP – Brian R. Smith)
« La définition même de la sécurité nationale a changé aujourd’hui, et à moins que les dirigeants mondiaux ne se réunissent et n’agissent maintenant sur un programme minimum, il n’y aura pas de Terre pour le diriger », a déclaré le chef de guerre.
« La nature va riposter, et l’humanité n’a pas son pareil », a prévenu le dirigeant de 71 ans, au pouvoir à Islamabad depuis avril.
Poussées par des pluies torrentielles de mousson accrues par le réchauffement climatique, les experts affirment que les inondations ont touché un tiers du Pakistan – le Royaume-Uni – et ont tué près de 1 600 personnes depuis juin, selon le dernier rapport.
Des maisons, des entreprises, des routes, des ponts et des cultures agricoles ont été détruits.
– Perte de 30 milliards de dollars –
Vue aérienne d’une zone inondée à Sukkur dans la province du Sindh au Pakistan, le 9 septembre 2022 (AFP – Aamir QURESHI)
Islamabad a estimé sa perte financière à 30 milliards de dollars et son ministre des Finances, Miftah Ismail, a annoncé vendredi sur Twitter qu’il demanderait un allégement de la dette aux créanciers bilatéraux.
Pris en sandwich entre l’Afghanistan, l’Iran, l’Inde et la Chine, plus de sept millions de personnes ont été déplacées dans ce pays, dont beaucoup vivent dans des camps de fortune sans protection contre les moustiques, sans eau potable ni toilettes.
Sur le terrain début septembre, M. Guterres a appelé les principaux pollueurs du monde à « arrêter cette folie » d’investir davantage dans les combustibles fossiles.
La star hollywoodienne Angelina Jolie, qui s’est également rendue au Pakistan cette semaine en tant qu’envoyée du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), a déclaré qu’elle n’avait « jamais rien vu de tel » et que cela devrait servir d’avertissement au reste du monde. .
Mais pour Islamabad, les effets du climat sont surtout injustes pour un pays en développement pauvre qui compte 220 millions d’habitants et un PIB annuel d’à peine 350 milliards (en 2021, selon la Banque mondiale).
– 0,8 % des émissions mondiales de CO2 –
« Pourquoi mon peuple paie-t-il le prix d’un tel réchauffement climatique ? » alors que le Pakistan représente 0,8% des émissions mondiales de CO2, a demandé le Premier ministre. Il s’est mis en colère contre « la nature (qui) a déchaîné sa fureur sur le Pakistan sans même regarder notre empreinte carbone ».
« Le Pakistan et les Pakistanais n’ont pas créé cette crise dont ils sont (aujourd’hui) victimes » à cause de « l’industrialisation des grands pays », a ajouté devant la presse à l’ONU le jeune ministre des Affaires étrangères Bilawal Bhutto Zardari.
« Nous ne faisons pas de charité, nous n’avons pas besoin d’armes ou d’aide. Mais justice pour notre peuple et pour les autres pays touchés par (la violation du) climat », a déclaré le fils de l’ancien Premier ministre Benazir Bhutto, tué en 2007 et ancien président Asif Ali Zardari.
Des photographies et des cartes du Pakistan sous-marin sont exposées dans le hall du Palais des Nations Unies à New York. Une telle déclaration est frappante : « Aujourd’hui, c’est le Pakistan. Demain ça peut être n’importe quel autre pays !!!! ».

Grand fan de mangas et d’animes, je n’aime bien écrire qu’à propos de ses sujets, c’est pour ca que j’écris pour 5 minutes d’actus. Au quotidien de décortique, donne mes avis sur les différents épisodes et chapitres des mangas que j’aime lire.
