Robert Badinter aura son nom inscrit au Panthéon, lieu de repos des plus grands de la nation, a déclaré Emmanuel Macron, alors que le pays est en proie à une vague de chagrin national suite à la mort de l’avocat qui s’est battu pour interdire la peine capitale en France.

Macron a déclaré lors d’une cérémonie commémorative mercredi que Badinter, décédé à l’âge de 95 ans, avait été « la conscience morale » de la nation.

  • Le décès de Badinter suscite un élan de national tristesse
  • Macron rend hommage à sa contribution à la justice et aux droits de l’homme
  • Banissement de la peine de mort et suppression de lois discriminatoires sont parmi ses accomplissements
  • La veltéran combat contre la haine et en faveur de la réforme des prisons est mentionnée
  • Macron promet de rester fidèle aux idéaux humanistes de Badinter

Des milliers de personnes se sont rassemblées pour commémorer le travail et l’héritage de Badinter, qui ont transformé le système juridique. Parmi ses accomplissements se trouvent la fin de la peine de mort et l’abrogation d’une loi discriminatoire concernant les relations entre personnes de même sexe et l’âge de consentement.

Il a considéré l’une de ses mesures les plus importantes comme étant permettant aux individus de porter des affaires devant la Cour européenne des droits de l’homme. Il s’est également battu en faveur de la réforme pénitentiaire. Il a donné de la voix contre la haine après que son père juif et de nombreux parents ont été raflés en France et tués dans des camps de concentration nazis.

Le Monde a déclaré que le deuil et la reconnaissance pour Badinter étaient venus parce qu’il avait lutté pour concrétiser et inscrire dans la loi les idéaux de droits et de justice. Le journal a souligné qu’aujourd’hui, il existe une conscience accrue que de tels droits ne peuvent être tenus pour acquis.

En 1981, Badinter s’est opposé à l’opinion publique pour faire adopter une loi interdisant la peine de mort, qui à l’époque était appliquée par décapitation à la guillotine, une pratique remontant à la Révolution française de 1789.

  • Opposition et succès pour l’abolition de la peine capitale en France en 1981
  • Badinter, un rescapé de la persécution juive des nazis
  • Éloge et hommage pour son héritage humaniste
  • Condamnation de l’action de la peine de mort, appelée « absolument inhumaine »
Macron and the French prime minister, Gabriel Attal, with Badinter’s widow, Elisabeth Badinter
Macron et le Premier ministre français, Gabriel Attal, avec la veuve de Badinter, Elisabeth Badinter. Photographie: Ludovic Marin/AFP/Getty Images

Badinter est né à Paris en 1928 de parents juifs immigrés de Bessarabia, aujourd’hui la Moldavie. En 1943, son père a été parmi de nombreux Juifs raflés par la Gestapo dans la ville du sud-est de Lyon et déportés au camp de concentration de Sobibor en Pologne moderne, où il a été tué dans les chambres à gaz. Nombreux autres parents de Badinter ont également été déportés et tués. Badinter, sa mère et son frère se sont cachés dans un village des Alpes françaises pour le reste de la guerre.

En 1983, Badinter a réussi à faire extrader de la Bolivie en France Klaus Barbie, ancien chef de la Gestapo, la police secrète des nazis. Connu sous le nom de « boucher de Lyon », Barbie a été jugé pour crimes contre l’humanité et condamné à la réclusion à perpétuité lors d’un procès historique au cours duquel des survivants de l’Holocauste ont pris la parole pour la première fois en France.

  • Éventualités de la jeunesse de Badinter pendant la Seconde Guerre mondiale
  • Procès retentissant de l’ancien chef de la Gestapo pour crimes contre l’humanité
  • Des milliers payent leurs hommages dans un livre de condoléances à Paris
  • Des événements de sa vie illustrent la souffrance et la persécution infligées aux Juifs français pendant la guerre
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Au ministère de la justice à Paris, des milliers de personnes ont fait la queue pour écrire dans un livre de condoléances. Gaëlle Le Breton, 55 ans, avocate, était venue pour rendre hommage. « C’était un être humain extraordinaire qui voyait la flamme humaine en chacun et pensait que chacun devrait avoir la chance de devenir meilleur quelle que soit sa situation », dit-elle.

Catherine Prevost-Meyniac, 54 ans, professeure en économie et éco-gestion originaire d’Angers, était venue à Paris pour signer le livre de condoléances et assister à la cérémonie commémorative. « J’avais 12 ans lorsqu’il a prononcé son discours à l’Assemblée nationale [plaidant pour l’abolition de la peine de mort] et je me souviens que c’était la première fois que j’ai vu mon père pleurer. J’ai également eu le droit à un verre de champagne. Ensuite, en tant qu’étudiant en droit à Paris, j’ai eu Badinter comme professeur et suivi ses cours extraordinaires, même passé un examen oral avec lui. Et ce n’était pas seulement la peine de mort. Il a également dépénalisé l’homosexualité et démantelé les tribunaux spéciaux. Sa conviction, son humanisme, sa rigueur, sa patience et sa colère face à l’injustice étaient inébranlables. »

  • Hommages personnels pour Badinter et son engagement pour une société plus juste
  • Ils maginent sa solidarité avec les opprimés et sa luttent contre la discrimination
  • L’héritage et l’impact de Badinter sur ceux qui l’ont connu et qui ont été inspirés par lui
  • Reconnaissance de Badinter pour son renversement des lois discriminatoires

Son fils, Victorine, 25 ans, archiviste, a dit : « La France a été très en retard pour abolir la peine de mort et c’est Robert Badinter qui a plaidé pour un autre type de république. Même pour ceux d’entre nous qui n’étaient pas nés en 1981, nous connaissons son combat pour abolir la peine de mort et avons vu ses discours très puissants. C’était un homme exceptionnel. »

Bruno Chesné, 75 ans, architecte à la retraite de Paris, a déclaré : « Il n’y a personne de sa stature de nos jours. Ce genre de personne n’existe plus. Comme lui, je suis de gauche, donc nous sommes dans le même courant politique. J’ai respecté sa façon de faire les choses, le fait qu’il prenne position et qu’il aille au bout des choses. »