
Après de longues et difficiles négociations qui ont largement dépassé le calendrier prévu, la COP27 a ouvert sa dernière réunion en pleine nuit de samedi à dimanche, en adoptant un texte très controversé sur l’aide aux pays pauvres touchés par le changement climatique.
Le président de la conférence, le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Shukri, a « supplié » les délégués de près de 200 pays, réunis depuis deux semaines dans la station balnéaire de Charm el-Cheikh, d’adopter les résolutions qui leur seront présentées.
Scénarios de réchauffement climatique (AFP – Simon MALFATTO)
M. Choukry a assuré qu’elles reflétaient un « équilibre délicat » et « la plus haute ambition qui puisse être atteinte à l’heure actuelle », illustrant les difficultés auxquelles cette COP a été confrontée sous la présidence égyptienne fortement critiquée.
Il a immédiatement présenté aux délégués, qui ont adopté une décision par consensus, la résolution la plus symbolique de cette publication, qualifiée par ses initiateurs de historique, sur la compensation des dommages du changement climatique déjà subis par les pays les plus pauvres.
Mais ensuite, il a dû accepter une suspension de 30 minutes demandée par la délégation de la Suisse, qui indiquait que les délégués avaient reçu un autre texte très important, la déclaration globale finale, « quelques minutes » avant le début de la réunion et ne pouvaient donc pas commenter .
Un dossier sur les « pertes et dommages » climatiques dans les pays pauvres a failli faire dérailler la conférence avant de faire l’objet d’un texte de compromis de dernière minute qui laisse de nombreuses questions sans réponse mais reconnaît le principe d’un fonds financier spécifique.
– Le recul est critiqué –
Le texte sur la réduction des émissions a également suscité un débat houleux, de nombreux pays dénonçant ce qu’ils considéraient comme un pas en arrière par rapport aux objectifs fixés lors des conférences précédentes.
Notamment sur l’objectif le plus ambitieux de l’Accord de Paris – limiter le réchauffement climatique à 1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle.
Étant donné que les obligations actuelles des pays signataires de l’accord ne permettent ni de remplir cette tâche, ni même celle de freiner l’augmentation de la température à 2 ° C par rapport à l’ère préindustrielle, lorsque l’humanité a commencé à utiliser massivement les énergies fossiles responsable du réchauffement climatique.
Ces engagements, s’ils sont pleinement mis en œuvre, amèneront au mieux le monde à +2,4°C d’ici la fin du siècle, et aux taux d’émission actuels à un niveau catastrophique de +2,8°C.
Marécages asséchés de Chibaich en Irak, 24 juillet 2022 (AFP – Asaad NIAZI)
Cependant, avec près de 1,2°C de réchauffement actuellement, les effets dramatiques du changement climatique se multiplient déjà.
Cela a été illustré en 2022, avec sa série de sécheresses, de méga-incendies et d’inondations dévastatrices qui ont endommagé les cultures et les infrastructures.
Le coût de ces événements extrêmes monte également en flèche, la Banque mondiale estimant le coût d’une inondation de 30 milliards de dollars qui a laissé un tiers du Pakistan sous l’eau pendant des semaines et fait des millions de morts.
Les pays pauvres, souvent parmi les plus vulnérables mais généralement les moins responsables du réchauffement climatique, réclament depuis des années des financements pour couvrir les « pertes et dommages » qu’ils ont subis.
– « Les suspects habituels » –
La bataille ne s’arrêtera pas avec l’adoption de la résolution de Sharm El Sheikh, car elle reste notoirement vague sur certains points litigieux.
Les détails opérationnels sont à déterminer pour adoption lors de la prochaine COP fin 2023 aux Emirats Arabes Unis, promettant de nouveaux affrontements. Notamment sur la question des contributeurs, les pays développés insistant pour que la Chine en fasse partie.
Autre sujet qui a choqué la COP : les ambitions de réduction des émissions.
De nombreux pays ont estimé que les textes proposés par la présidence égyptienne représentaient un recul par rapport aux engagements d’amélioration régulière du niveau pris en 2021 lors de la COP de Glasgow.
Sans oublier la question de la réduction du recours aux énergies fossiles, cause du réchauffement climatique, mais peu évoquée dans la plupart des textes sur le climat.
Le charbon a été évoqué en 2021 après des arbitrages difficiles, mais à Charm el-Cheikh, les « suspects habituels », selon un délégué, se sont une nouvelle fois retournés contre lui pour le pétrole et le gaz. L’Arabie saoudite, l’Iran ou la Russie sont les noms de pays les plus couramment utilisés.

Grand fan de mangas et d’animes, je n’aime bien écrire qu’à propos de ses sujets, c’est pour ca que j’écris pour 5 minutes d’actus. Au quotidien de décortique, donne mes avis sur les différents épisodes et chapitres des mangas que j’aime lire.
