Le célèbre réalisateur iranien Jafar Panahi, dont la vie a été marquée par des conflits avec les autorités de son pays, a pour la première fois quitté l’Iran depuis 14 ans. Le voyage a été confirmé par sa femme, Tahereh Saeedi, qui a posté une photo sur Instagram montrant le couple arrivant dans un aéroport non dévoilé. Les valises suggèrent que Panahi prévoit de rester plusieurs jours et certains spéculent sur le fait qu’il soit en France. Le réalisateur est surtout connu pour des films comme The White Balloon, The Circle et Taxi Tehran et pour avoir subi une surveillance étroite du gouvernement iranien tout au long de sa carrière.
Panahi a été interdit de voyager pour la première fois en 2009, après avoir assisté aux funérailles d’un étudiant tué lors du mouvement vert. Il a ensuite tenté de tourner un film sur cette révolution. L’année suivante, il a été condamné à six ans de prison avec sursis et à une interdiction de 20 ans de voyager et de faire des films pour « propagande contre le système ». En tant qu’homme effectivement sous surveillance en permanence, Panahi a malgré tout continué son travail, donnant lieu à des films tels que This Is Not a Film (2011), un documentaire en vidéo smugglé hors du pays sur une clé USB cachée dans un gâteau, présenté ensuite au festival de Cannes.
En 2013, il a remporté l’Ours d’argent au festival du film de Berlin pour Closed Curtain, puis le premier prix en 2015 pour Taxi Tehran, entièrement tourné dans des voitures. Il a également remporté le prix du meilleur scénario à Cannes pour 3 Faces en 2018 et a été très acclamé pour No Bears en 2022.
Panahi avait été arrêté en juillet dernier après s’être rendu au bureau du procureur de Téhéran pour s’informer sur son collègue réalisateur dissident Mohammad Rasoulof, arrêté quelques jours plus tôt après avoir critiqué le gouvernement. En février, Panahi a entamé une grève de la faim et a été libéré sous caution deux jours plus tard.
On peut se demander si Panahi fera partie du jury du Festival de Cannes cette année. Durant sa dernière période d’emprisonnement, des manifestations ont éclaté à travers l’Iran après la mort de Mahsa Amini, une jeune femme de 22 ans, en détention pour ne pas avoir correctement porté son hijab. Le Guardian a contacté les représentants de Panahi et du Festival de Cannes pour obtenir des commentaires.
Points importants :
– Jafar Panahi quitte l’Iran pour la première fois en 14 ans
– L’interdiction de voyager de Panahi a été levée
– Le réalisateur est connu pour avoir été sous la surveillance permanente du gouvernement iranien
– Il a été condamné à six ans de prison avec sursis et à une interdiction de 20 ans de voyager et de faire des films pour « propagande contre le système »
– Malgré cet état de surveillance permanent, Panahi a continué à travailler et a remporté de nombreux prix
– On peut se demander s’il fera partie du jury du Festival de Cannes cette année
