Le gouvernement français prévoit de dissoudre un groupe de militants écologistes pour cause de manifestations récentes entraînant des risques pour la sécurité publique, alors que les militants environnementaux qualifient cette décision de « politique et particulièrement inquiétante ».
Les Soulèvements de la Terre, un groupe parapluie regroupant plusieurs associations de militants écologistes à travers la France, est considéré comme étant à l’origine d’une nouvelle forme d’action climatique plus radicale en Europe, avec des actions directes médiatisées visant souvent les intérêts des grandes entreprises, les projets étatiques et l’agriculture à grande échelle.
Le groupe a participé à une manifestation contre un projet d’irrigation controversé à Sainte-Soline, dans l’ouest de la France, en mars dernier, qui a donné lieu à de violents affrontements avec la police. Environ 5 000 manifestants ont affronté plus de 3 000 policiers. Deux manifestants sont tombés dans le coma, tandis qu’une trentaine d’agents ont été blessés.
Les manifestants protestaient contre la construction d’un immense réservoir destiné à stocker l’eau puisée dans la nappe phréatique, affirmant qu’il nuirait aux petits agriculteurs et à l’écosystème, tout en profitant principalement aux groupes d’agriculture industrielle.
La Ligue des droits de l’homme a déclaré après les manifestations que « dès l’arrivée des manifestants sur le site du réservoir, la police a tiré sur eux avec des armes de guerre : grenades lacrymogènes, grenades assourdissantes, grenades explosives et balles en caoutchouc… Le déploiement a mis tous les présents en danger de graves blessures ».
Plus tôt ce mois-ci, des experts de l’ONU ont exhorté la France à revoir ses pratiques policières, exprimant leur inquiétude face « à l’utilisation excessive de la force » contre les manifestants, en particulier à Sainte-Soline.
Ce mois-ci, Les Soulèvements de la Terre ont mené des protestations contre une carrière de sable dans l’ouest de la France, où les manifestants ont saccagé des champs et du matériel dans une exploitation agricole. Le groupe a également été l’un des organisateurs d’une manifestation interdite ce week-end contre une nouvelle liaison ferroviaire entre la ville de Lyon, à l’est, et Turin, en Italie.
Mardi, les procureurs ont annoncé avoir placé en garde à vue 14 personnes afin de les interroger sur des actes de vandalisme commis lors d’une précédente manifestation soutenue par Les Soulèvements de la Terre, contre une usine de ciment Lafarge près de la ville du Sud, Marseille.
Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a confirmé mardi à l’Assemblée nationale que le groupe serait dissous, déclarant que « aucune cause ne justifie de blesser des policiers et des gendarmes ».
Le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, a accusé la coalition d’encourager la violence lors de la manifestation d’irrigation à Sainte-Soline en mars. « On ne dissout pas une association en raison de ses idées », a déclaré Véran à la télévision CNews. « On la dissout parce qu’il y a de la violence ou un risque pour la sécurité publique ».
Véran a déclaré que le groupe « attisait la violence à Sainte-Soline en invitant des émeutiers venus de toute l’Europe avec des barres métalliques et des boules de pétanque pour essayer de tuer des policiers ».
Il a ajouté : « La question du climat ne justifie pas de jeter des pierres sur la police dans un champ ».
La dissolution des Soulèvements de la Terre a été officiellement lancée par le ministère de l’Intérieur juste après les affrontements de Sainte-Soline en mars, en utilisant des pouvoirs qui avaient déjà été utilisés pour interdire des groupes d’extrême-droite et islamistes.
Le groupe a déclaré dans un communiqué mardi que l’industrie agricole et alimentaire ainsi que le syndicat des agriculteurs avaient directement fait pression sur le gouvernement pour prononcer une interdiction. Dans un communiqué, le groupe a déclaré : « Tenter de faire taire Les Soulèvements de la Terre est une vaine tentative de casser le thermomètre plutôt que de se préoccuper de la température ».
Le décret visant à interdire le groupe sera présenté lors de la réunion hebdomadaire du cabinet gouvernemental mercredi.
Liste des points importants de l’article :
– Le gouvernement français prévoit de dissoudre le groupe Les Soulèvements de la Terre pour raisons de sécurité publique.
– Les Soulèvements de la Terre est un groupe de militants écologistes engagés dans des actions climatiques radicales.
– Des violents affrontements ont eu lieu entre les militants et la police lors d’une manifestation contre un projet d’irrigation à Sainte-Soline.
– Les militants protestaient contre un réservoir d’eau censé favoriser l’agriculture industrielle au détriment des petits exploitants.
– Des experts de l’ONU ont appelé la France à revoir ses pratiques policières.
– Les Soulèvements de la Terre ont également organisé des manifestations contre une carrière de sable et une liaison ferroviaire.
– Des suspects ont été placés en garde à vue pour des actes de vandalisme lors d’une précédente manifestation soutenue par le groupe.
– Le ministre de l’Intérieur a confirmé la dissolution du groupe, tandis que le porte-parole du gouvernement a accusé le groupe d’encourager la violence.
– Les Soulèvements de la Terre affirment que le gouvernement a cédé aux pressions de l’industrie agricole et alimentaire pour prononcer l’interdiction.

Grand fan de mangas et d’animes, je n’aime bien écrire qu’à propos de ses sujets, c’est pour ca que j’écris pour 5 minutes d’actus. Au quotidien de décortique, donne mes avis sur les différents épisodes et chapitres des mangas que j’aime lire.
