elles se dévoilent enfin – Sciences et Avenir › Geeky News - 1

Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir – La Recherche n°903, daté mai 2022.

L’astre se situerait à 5600 années-lumière de la Terre, dans la constellation du Cygne. Il orbiterait autour d’une planète de la taille de Jupiter, nommée “Kepler-1708-b” par les astronomes, qui gravite elle-même autour d’une étoile similaire au Soleil. Et selon des chercheurs de l’Université Columbia à New York (États-Unis), il pourrait marquer l’histoire de l’astronomie en étant identifié comme la toute première exolune – le satellite d’une exoplanète (planète extrasolaire) autrement dit à l’instar de notre compagnon céleste la Lune. “Cela fait quinze ans que nous traquons ce type d’objets, confie David Kipping, auteur principal de l’étude. Et il nous a fallu quatre années pour passer en revue des dizaines de candidats possibles jusqu’à débusquer ce qui s’apparente fortement à une lune extrasolaire. ” Si cette découverte se confirme, elle permettrait de franchir une nouvelle frontière en astronomie et ouvrirait un champ de recherche extrêmement prolifique. “Les exoplanètes ont révolutionné notre compréhension des autres systèmes stellaires mais elles ne constituent qu’une partie du tableau, souligne en effet David Kipping. En raison de leur abondance et diversité supposées, les lunes extrasolaires nous apprendraient elles aussi énormément de choses sur notre unicité et la manière dont ces systèmes se forment. “

On dénombre quantité de satellites naturels dans notre système solaire. Les planètes les plus internes, Mercure et Vénus, en sont certes dépourvues, mais la Terre en possède un et Mars deux, tandis que les géantes gazeuses Jupiter et Saturne en hébergent près de 80 chacune, sans compter ceux d’Uranus (27) et Neptune (14). Soit plus de 200 en tout, avec de remarquables disparités. Si certaines lunes, à l’instar de Titan, possèdent une atmosphère épaisse et des lacs d’hydrocarbures, d’autres comme Io sont A agitées par une intense activité volcanique, et d’autres encore, telles Encelade ou Europe, recèlent des océans subglaciaires qui pourraient abriter la vie. “Il n’y a aucune raison pour qu’il n’en soit pas de même dans les autres systèmes stellaires, signale Jean Schneider, de l’observatoire de Paris. Les exolunes doivent pulluler autour des milliards de milliards d’étoiles de la galaxie, avec une richesse encore plus importante que ce qu’on a pu observer jusqu’ici. “

Plusieurs facteurs rendent la traque difficile