En 1968, le journal français Le Monde a célébré avec enthousiasme un nouveau roman intransigeant, Le Devoir du Violence, saluant son auteur comme l’un des « rares intellectuels de stature internationale présentés au monde par l’Afrique noire ». A l’époque, le compliment était sincère et de nombreux critiques européens ont rapidement reconnu le talent de l’auteur malien Yambo Ouologuem, mais le monde littéraire peut être impitoyable, en particulier pour un jeune écrivain africain vivant à Paris.

Ouologuem a été critiqué par ses collègues auteurs africains pour sa parodie incisive de sa propre culture. En outre, des accusations de plagiat ont émergé, notamment dans un différend public avec Graham Greene, mettant fin à la carrière de Ouologuem. Aujourd’hui, 50 ans après le scandale, Penguin Classics va publier une nouvelle édition anglaise de Le Devoir du Violence.

La première édition française du roman a suscité un intérêt mondial, mais des similitudes troublantes avec les œuvres existantes, notamment celles de Graham Greene et André Schwarz-Bart, ont émergé. Ouologuem a refusé de modifier son livre malgré la pression de certains éditeurs.

Malgré la controverse, l’éditeur Penguin Classics a décidé de republier le livre, avec une nouvelle introduction du spécialiste malien Chérif Keïta, préservant la traduction originale de Manheim avec des ajustements limités. Selon l’éditeur Ka Bradley, Le Devoir du Violence est une réalisation artistique majeure, bien que dérangeante par moments.

Les similitudes entre le style de Ouologuem et celui de Kurt Vonnegut sont également mises en avant. La réédition par Penguin Classics arrive après une édition américaine publiée récemment par Other Press, et après le succès d’un roman qui s’inspire de l’histoire de Ouologuem.