
En transplantation d’organes, à partir du moment du prélèvement sur le donneur, une « course contre la montre » s’engage jusqu’à la greffe elle-même. L’exploit a été rendu possible grâce à une chaîne vivante, qui ouvrira pendant plusieurs heures.
Tout commence à Saint-Denis, au nord de Paris, au siège de l’Agence biomédicale. « C’est là que se fait la distribution des greffons prélevés » sur des personnes en état de mort cérébrale – environ 1% des décès, explique à l’AFP Géraldine Malaken, responsable du Centre national de distribution des greffons (PNRG).
Ce centre vérifie tout d’abord que le défunt, qui ne devrait présenter aucune contre-indication à la greffe, n’a pas été inscrit de son vivant au registre national des refus de don. L’équipe médicale, ainsi que ses proches, s’assurent qu’il n’était pas contre le don de ses organes.
Commence alors la distribution des organes. Elle tient compte de l’urgence de la greffe, des caractéristiques biologiques et médicales du patient, et du temps de transport que subiront les greffons.
Certains patients inscrits sur la liste d’attente nationale sont prioritaires, comme les enfants ou les bénéficiaires dont la vie est en danger à court terme. Il y a actuellement environ 10 800 patients qui attendent activement une greffe.
Le chirurgien thoracique Thomas Charrier de l’hôpital Foch de Suresnes regarde un moniteur en train d’extraire les poumons d’un patient décédé, le 9 décembre 2022, d’un organe destiné à être transplanté dans un hôpital de l’est de la France (AFP – Christophe ARCHAMBAULT)
Cinq organes d’une femme de 45 ans ont été offerts à l’Agence ce matin-là : « Son cœur et ses poumons ont été prélevés pour un receveur dont la vie était en danger à court terme », Liliane Letailandier, infirmière dispatching qui se relaient avec l’équipe membres, raconte l’AFP. pour que le centre fonctionne 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. « Le lobe gauche de son foie a été accepté pour les urgences pédiatriques, et le lobe droit pour un autre receveur », poursuit-elle.
Objectif : minimiser le délai entre l’extraction et la greffe afin d’optimiser les chances de succès de l’opération. Les équipes médicales disposent d’un temps limité pour décider d’accepter ou non des organes.
– « Tension extrême » –
Édouard Sage, chef du groupe de chirurgie thoracique à l’hôpital Foch (Hauts-de-Seine), fait partie des chirurgiens transplanteurs pulmonaires. « Lorsque je reçois un appel de l’Agence biomédicale, je regarde si je peux accepter un organe en fonction de ses caractéristiques connues », dit-il.
En cas de résultat positif, il envoie une commande à l’endroit où se trouve le concessionnaire. Chaque organe est susceptible d’être attribué à un patient qui peut se trouver n’importe où en France.
Il reste à juger sur place. « Quand on arrive sur le site, on évalue le greffon, il faut le toucher et voir comment il est ventilé pour s’assurer que les conditions permettent une greffe », explique Thomas Charrier, 29 ans, médecin au service de chirurgie thoracique de Foch. qui se spécialise dans les poumons. suppression.
Ce n’est que lorsqu’il dit « viens » au téléphone à son manager que la greffe commence vraiment.
Réfrigérateur pour le transport d’organes dans un avion, 9 décembre 2022 (AFP – Christophe ARCHAMBAULT)
Poumon retiré. À peu près au même moment, parfois à des centaines de kilomètres, le receveur retourne au bloc opératoire pour être euthanasié.
« A partir du moment du procès, la course contre la montre commence », décrit Edward Sage. Selon les organes, l’urgence est plus ou moins longue (maximum 4-5 heures pour le cœur, 6-8 heures pour les poumons, 12-18 heures pour le foie, 18-24 heures pour les reins).
Après prélèvement, les greffons sont placés dans des réfrigérateurs étanches où la température ne dépasse pas 4°C.
En fonction de la distance à parcourir, les modes de transport les plus efficaces sont utilisés : ambulance, train, avion…
« Afin d’aller plus vite, on fait appel à une escorte policière, chaque minute est précieuse », précise Thomas Charrier.
Le plus souvent, la greffe est réalisée de nuit, lorsque toutes les équipes sont mobilisables et que les blocs opératoires sont disponibles. Des heures de « tension extrême ». Mais, selon Thomas Charrier, « il y a quelque chose de magique dans le fait que les poumons qu’on a prélevés se ventilent, changent de couleur. »

Grand fan de mangas et d’animes, je n’aime bien écrire qu’à propos de ses sujets, c’est pour ca que j’écris pour 5 minutes d’actus. Au quotidien de décortique, donne mes avis sur les différents épisodes et chapitres des mangas que j’aime lire.
