"Dragon Boat" sur M6, la thérapie du sport après un cancer du sein › News Geek - 1
Les Dames parisiennes des Dragons s’entraînent le 24 septembre 2022 au parc des sports de Choisy-le-Roi près de Paris (Carole GUIRADO / AFP)

L’aviron pour soigner le cancer du sein : Des milliers de femmes atteintes d’un cancer du sein ont trouvé dans le bateau-dragon, un sport nautique proche de l’aviron, un moyen de rebondir, un phénomène auquel M6 consacrera son mardi soir.

Parler du cancer en première partie de soirée sur la chaîne nationale, « c’est un défi et une démonstration de force », explique Stéphanie Piyonka, réalisatrice du téléfilm « Le Souffle du dragon » lors d’une conférence de presse.

Diffusé à l’occasion de l’Opération Octobre Rose, un mois de sensibilisation à la maladie, s’inspire de l’histoire des premiers Français à pratiquer ce sport chinois ancestral recommandé comme activité physique après un cancer du sein.

Comme l’escrime, cette discipline, qui stimule le drainage naturel du haut du corps, est indiquée pour prévenir le lymphœdème du bras, c’est-à-dire le gonflement chronique de ce membre, complication fréquente après un cancer du sein.

L’enjeu est « d’aborder des sujets lourds tout en essayant d’apaiser et de communiquer sans être intimidant », développe le réalisateur, qui a déjà traité de la trisomie 21 sur le petit écran (« Apprendre à t’aimer », « J’irai oh de mes rugissement »), handicap (« Handigang ») et adoption dans un documentaire (« C’est toi que j’attendais »).

Les Dames parisiennes des Dragons s’entraînent le 24 septembre 2022 au parc des sports de Choisy-le-Roi près de Paris (Carole GUIRADO / AFP)

Cette fois, son choix était de montrer comment des femmes qui ont été traitées pour un cancer du sein se régénèrent mentalement et physiquement à l’aide d’un bateau-dragon, qui consiste à ramer et ramer une barque à côté d’un canot, parfois orné d’une tête de dragon.

Pour les incarner, la réalisatrice s’est entourée d’actrices telles que Julie de Bona, Julie Gayet, Bérenger Krif ou Firmin Richard, ainsi que de véritables « dames dragons » comme Claire Fiaschi, présidente d' »Ensemble pour elles », la première bateau crew-dragon créé fin 2008 à Reims.

Respiration générale

Lier cancer et mort, « c’est un raccourci dévastateur », a déclaré Mme Fiaschi, également consultante en cinéma télévisé et protagoniste d’un documentaire sur le voyage des Dragonwomen diffusé en deuxième partie de soirée.

« Il y a encore beaucoup de morts, mais il y a plus de survivants que de morts », notamment parmi les personnes atteintes d’un cancer du sein, souligne-t-elle.

Une fois diagnostiqué, le taux de survie net à cinq ans est de 87%, selon l’Institut national du cancer, qui a enregistré 12 100 décès liés à la maladie et 58 500 nouveaux cas en 2018.

Membres Les Dames parisiennes des Dragons s’entraînent le 24 septembre 2022 au parc des sports de Choisy-le-Roi près de Paris (Carole GUIRADO / AFP)

« Il y a une vie après la mort », explique Claire Fiaschi, qui a trouvé dans le bateau-dragon « une grande famille » où l’on accueille « sans aucun jugement » et sans aucune obligation.

Le bateau-dragon « nous fait nous redresser », ajoute-t-elle, « parce que souvent quand on se fait opérer, une fois qu’on s’est fait enlever le sein, on se replie sur soi ».

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Pour Carol David, qui a créé l’équipe des Dragons de Paris en 2016 à travers l’association Phénix et Dragons, « c’était ma résilience pour moi », raconte-t-elle à l’AFP.

Cette femme, alors en traitement, a pour objectif de participer à la Vogalonga, la course annuelle de 30 kilomètres de Venise dédiée aux chaloupes, après avoir vu le défi de ce sport dans le documentaire Nous irons à Venise » des dames dragons de Reims.

Quelques mois plus tard, elle remporte son pari, accompagnée d’une dizaine de femmes et sous la houlette d’un coach qui continue encore aujourd’hui à les entraîner tous les samedis matins avec la « cerise sur le gâteau » de la course annuelle de Venise au printemps.

« L’idée n’est pas d’avoir une force ou une forme physique particulière, mais de se synchroniser avec les autres sur un souffle commun », explique Carol David.

« Après le cancer, la perte d’estime de soi est très importante, on a l’impression d’être à moitié humain : avec un pied vers la mort, l’autre vers la vie », et avec cette activité naturelle, « les femmes ont une énergie merveilleuse », C’est comme une colonie de vacances, c’est super mignon’ sourit-elle.