Une histoire de l’amitié entre une adolescente neurodivergente du nom de Star et un bénévole nouvellement immigré de Chine

Parmi les réalisateurs canadiens, Ashley McKenzie semble vouloir défier le public avec son dernier film. Le récit met en scène une adolescente, Star, luttant avec sa santé mentale, qui se lie d’amitié avec un bénévole hospitalier fraîchement immigré de Chine. Une histoire qui aurait pu facilement être tournée en une comédie indépendante sur un duo improbable, mais McKenzie nous plonge directement dans la réalité de Star, nous faisant ressentir sa perception du monde. Une expérience désorientante et intense, mais également gratifiante.

Se déroulant au coeur de l’hiver en Nouvelle-Écosse, avec la neige atteignant la hauteur des toits de voiture, Star (brillamment interprété par Sarah Walker) est hospitalisée après avoir bu du poison – une tentative de suicide pas la première. Un médecin la reconnaît, mais elle ne se souvient pas de lui. « Doit avoir été en mode de crise nerveuse. » Elle parle de manière non filtrée, les yeux vides et vitreux. Star est en famille d’accueil depuis des années. Nous ne découvrons jamais pourquoi, mais elle révèle un terrible fait sur son passé dans une scène. Pendant ce temps, une bande sonore électronique discordante semble signaler son acuité exacerbée du monde. À l’hôpital, Star rencontre An (interprété par Ziyin Zheng, qui utilise les pronoms « they » et « them »). An est également marginalisé : un immigrant de Chine explorant sa propre identité de genre. Quelque chose se passe entre eux. An parle à Star des concubines dans la Chine ancienne ; c’est la vie qu’An désire : « Je veux être une femme-trophée. »

Certains pourraient être ennuyés ou aliénés par le manque d’action, la caméra semblant souvent arriver après un événement. J’ai trouvé son humeur hypnotique mais troublante, comme si mes nerfs étaient frottés dans le mauvais sens.

Queens of the Qing Dynasty sortira le 15 novembre sur Mubi.