
Une nouvelle adaptation du classique d’Alexandre Dumas
De nombreuses tentatives (pour la plupart inadéquates) ont été faites pour adapter le récit de vengeance colossal d’Alexandre Dumas au cinéma et à la télévision, mais cela n’empêche pas les gens d’essayer; cette fois, c’est l’équipe derrière la récente adaptation en deux parties des Trois Mousquetaires. Comparé au saturnien Gérard Depardieu dans la série télévisée bien considérée de 1998, l’acteur principal Pierre Niney est une proposition plus légère en tant que comte, jouant son deuxième grand icône français après Yves Saint Laurent en 2014. Mais la finesse physique et l’assurance de Niney apportent quelque chose de distinctif ici, un soupçon de vulnérabilité sous les multiples masques, une blessure psychologique mortelle qui ne pourra jamais être guérie.
Points Importants:
- Adaptation du classique d’Alexandre Dumas
- Comparaison entre les acteurs principaux
- Intrigue du récit de vengeance
- Concentration de l’intrigue sur deux personnages clés
- Style de production Netflix-esque
- Performance de l’acteur principal Pierre Niney
Il n’y a rien à améliorer dans la mise en place intemporelle de Dumas: le jeune marin Edmond Dantès (Niney) est emprisonné à perpétuité au Château d’If, l’île du Diable de Marseille, après avoir été accusé à tort de bonapartisme par l’obscur procureur Villefort et trahi par son ami Fernand, un rival pour la main de sa future épouse Mercédès. Bénéficiant d’une fortune impossible et d’un cours intensif dans les arts de la gentilhommerie par son compagnon de cellule Abbé Faria, Dantès réapparaît dans la haute société parisienne en tant qu’aristocrate énigmatique. Derrière le manoir orientaliste chic et les manières irréprochables se cache un volcan bouillonnant de vengeance. En d’autres termes: il est le Batman français.
Les réalisateurs Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière, scénaristes des films des Mousquetaires, opèrent la nécessaire chirurgie sur le roman avec efficacité et même élégance. Au lieu de la dispersion de Dumas, ils concentrent l’intrigue sur deux protégés: l’orphelin au regard perçant André et la belle princesse ottomane Haydée, dont les romances sont conçues pour toucher les traîtres du comte là où ça fait mal. Cependant, le rythme est tellement soutenu à travers les trois actes du film que ni les thèmes originaux (vengeance contre justice ; le complexe de Dieu du comte) ni les nouveaux thèmes introduits (une emphase très de l’ère des réseaux sociaux sur la réalité derrière la façade) ne laissent plus qu’une légère empreinte.
La conclusion est une course effrénée et esthétique à la Mission: Impossible, avec des jeux de masques, des intrigues languissantes dans les cours et des éclats occasionnels d’action qui absorbent trois heures sans faire de pause pour des sandwichs au caille. Le tout est présenté dans un style de production Netflix-esque, pratique pour la diffusion en streaming, mais moins pour trouver l’amertume et les tons gothiques qui donnaient de la gravité au maximalisme de Dumas.
Heureusement, Niney est pleinement dans le coup, se délectant des scènes de déguisement campy qui rappellent étrangement Peter Sellers dans la série La Panthère rose, jouant en français, italien, grec, anglais et franglais, et se révélant lors d’une brutale révélation lors d’un dîner. Mais il a réalisé un travail plus fin aux côtés de Demoustier dans les scènes où les amants longtemps séparés se retrouvent mais sont incapables de le reconnaître; leurs micro-expressions signalent des abysses d’émotion. La dramatisation elle-même aurait pu utiliser plus de cette finesse d’escrime pour compléter son autorité insistante.
