
Il existe deux types de vampires : l’un est le séducteur vulpin, à la manière de Bela Lugosi, tandis que l’autre est le type « vermineux » inauguré par le comte Orlok dans le classique de l’horreur muet allemand de 1922, Nosferatu. C’est l’une des observations les plus pertinentes de ce documentaire raisonnablement intéressant mais organisé de manière hésitante, qui coïncide avec le remake de Robert Eggers ; un retour, après des décennies de domination des vampires sexy, pour le hideux créateur original dans nos temps ataviques et post-pandémiques.
Le Nosferatu de FW Murnau, une première adaptation non autorisée du Dracula de Bram Stoker, a failli être perdu lorsque la veuve de l’auteur a réussi à faire détruire la plupart des copies. Quel dommage cela aurait été : un chef-d’œuvre sui generis qui a été initié par le producteur Albin Grau rencontrant un soldat serbe sur le front occidental qui prétendait que son père était un vampire, et qui a compressé les angoisses de masse liées à la guerre et à la maladie dans une fable oppressivement mortelle. Il aurait sûrement fallu des années au genre de l’horreur émergent pour reconstituer le vocabulaire visuel de Nosferatu avec ses dissolutions étranges et autres effets étranges. Sans oublier une pièce maîtresse du légendaire des vampires, également inventée par le film : qu’ils sont tués par la lumière du soleil.
En s’appuyant sur quelques critiques et universitaires, le réalisateur Robin Bextor tire une abondance de la veine esthétique et thématique du film. Malheureusement, la structuration désordonnée laisse des lacunes notables : on insiste sur les influences occultes du film à travers Grau et sa relation avec Aleister Crowley, mais les preuves réelles présentées dans le film se résument à moins que sur sa page Wikipedia. Une section consacrée au surnaturel parle en réalité de la performance de Max Schreck. Le documentaire affirme qu’Orlok est le premier grand monstre de cinéma – mais qu’en est-il du Golem sorti deux ans plus tôt ?
Un commentateur souligne l’ombre jetée sur Murnau par le biopic ironique de 2000 Shadow of the Vampire, qui suggérait qu’il était le vrai monstre du tournage de Nosferatu. Peut-être que l’image du réalisateur impitoyable a été inspirée par Werner Herzog, qui a bien sûr réalisé son propre et triste Nosferatu en 1979, une fois le roman de Stoker tombé dans le domaine public. Il n’est pas fait mention du Dernier Voyage de la Demeter de l’année dernière, qui élargit le voyage en mer rendu si mémorable par Murnau. Mais le consensus est que le style élémentaire d’Eggers fait de lui un digne héritier. Si cette analyse est quelque peu dispersée, heureusement, la longévité de Nosferatu parle d’elle-même à travers ses successeurs.
#### Points importants de l’article :
- Comparaison des deux types de vampires
- Histoire et impact de Nosferatu de FW Murnau
- Analyse de la structure du documentaire
- Mise en lumière de controverses autour du tournage de Nosferatu
- Comparaison avec d’autres films sur le même thème
- Réception du remake de Robert Eggers
