Les nuances du thriller comique Marmalade s’inspirent évidemment des films noirs classiques, avec leurs récits de trahison, d’astuce, de héros crédules entraînés dans le crime par des femmes fatales, et le fond de désespoir économique.

Keir O’Donnell, acteur de caractère, fait ses débuts en tant que scénariste-réalisateur de ce film. Il a revisité la formule avec une palette de couleurs vives et un ton ironique et autodérision. Ces choix devraient séduire la nouvelle génération de spectateurs qui n’ont peut-être jamais vu les classiques tels que Le facteur sonne toujours deux fois ou Assurance sur la mort, ni même les remakes ou hommages ultérieurs, comme Body Heat ou Blue Velvet.

De plus, O’Donnell a casté Joe Keery (Steve de Stranger Things), en plein essor chez la Génération Z, dans le rôle du protagoniste Baron, un naïf venu du sud des États-Unis que l’on rencontre d’abord dans sa cellule de prison. Son compagnon de cellule Otis (Aldis Hodge) se vante de son talent pour l’évasion, alors Baron tente de l’intéresser à l’aider à s’évader pour retrouver sa bien-aimée Marmalade (Camila Morrone). Pour convaincre Otis, Baron lui raconte toute l’histoire triste de comment il a dû veiller sur sa mère malade (Susan Brava) qui avait besoin de médicaments coûteux que Baron ne pouvait pas se permettre avec son maigre salaire de facteur. Marmalade entre en scène, une jeune fille rêveuse et bohème qui vit dans sa voiture et porte des vêtements faits de filets et de laine. Elle suggère de braquer une banque pour payer les médicaments de la mère de Baron ; aveuglé par son charme vampirique et ses dents parfaites, Baron accepte rapidement.

Bien sûr, cela ne serait pas un vrai film noir s’il n’y avait pas quelques rebondissements, et c’est le cas ici, bien qu’ils soient raisonnablement astucieux mais un peu tirés par les cheveux. Peu importe, il vaut mieux se laisser emporter comme dans un bon bain moussant. Les acteurs sont charmants et leur alchimie est pétillante, tandis que la fin est étonnamment poignante malgré sa mièvrerie.