
Un film intrigant et déroutant
Luca Bellino et Silvia Luzi ont réalisé un nouveau film qui est à la fois intrigant et déroutant. L’histoire est opaque et indirecte, la narration semble incomplète et recule implacablement devant la quête du public. C’est un type de cinéma qui ne livre pas immédiatement – ou même pas du tout – sa signification. La mise au point extrême sur le visage du personnage principal contraste avec la distance floue où se situe peut-être la signification du film.
Une jeune femme vivant dans une ville italienne difficile
Une jeune femme jouée par Marianna Fontana vit dans une ville italienne difficile située sur la côte, travaillant misérablement dans une usine de confection de vêtements en cuir. Elle fait partie d’un groupe de femmes dont le travail consiste à tendre et étirer des morceaux de cuir sur une ligne de production automatisée. Le responsable est un homme qui inflige parfois des punitions en envoyant certains travailleurs travailler à l’étage sur le « tambour », où il faut sortir de grandes montagnes de peaux de cuir à transporter jusqu’au sol de l’usine via un monte-charge.
Une expérience déclenchant une sorte de crise
Un jour, cette jeune femme est avec sa tante dans un grand groupe familial célébrant une cousine qui a fait sa première communion dans une robe blanche quasi nuptiale. Elle se plaint de sa propre communion, des chaussures horribles qu’elle a dû porter et d’une certaine personne qui était là, dans sa vie, mais qui n’est plus là. Le jeune photographe-videaste, qui a impressionné les gens avec son drone pour les prises de vue aériennes, semble avoir le béguin pour notre héroïne. Plus tard, cet homme l’emmènera faire un tour en voiture où il lui montrera comment fonctionne le drone et comment il peut efficacement espionner les gens. Mais la nature exacte de sa fascination pour cela n’est pas vraiment claire.
Une fin énigmatique
Nous nous dirigeons vers une sorte de climax, bien qu’énigmatique, lorsque le photographe présente à la famille élargie son montage final de la vidéo de la première communion, comprenant un plan de drone très surprenant de la jeune femme, vue d’abord en plan large puis de plus près alors que le drone descend vers elle, alors qu’elle fume pensivement sur la plage. Pourtant, nous n’avons pas vu ce drone de son point de vue au début. L’étrangeté dissociative semble complète. « Luce » se lit comme un rêve lucide, ou un rêve mémorisé : pour moi, un casse-tête sur la façon dont nous nous voyons, ou nous inventons nous-mêmes.
