La Belle Tragédie Intemporelle de Terrence Malick

Terrence Malick, cinéaste américain controversé, a sorti son film Days of Heaven en 1978 et il est maintenant réédité pour le plus grand plaisir des cinéphiles. Ce film est une romance tragique et un mélodrame en ralenti qui a fait sa réapparition cinq ans après le début de sa carrière. On a ensuite mystérieusement perdu sa trace pour le retrouver plus de vingt ans plus tard avec The Thin Red Line. Ce film a renoué entretemps son engagement passionné pour les paysages, son rythme nonchalant et sa maîtrise du calme. Cependant, malgré ces apparences, il s’agit en fait d’un film mouvementé et dramatique. Il a également établi sa technique de composition qui met en avant les changements et les mouvements d’humeur, en partie à travers une prise de vue abondante, le montage savant et la suppression d’un grand nombre de scènes. Au fil des années, de nombreux acteurs ont été déconcertés de découvrir, lors de la première de leur film, que leurs rôles avaient été radicalement réduits ou carrément supprimés. Days of Heaven a également établi la signature la plus reconnaissable de Malick : son respect pour la lumière du crépuscule déclinante et approfondie, le hissant pratiquement au rang de grand prêtre de l’« heure dorée ».

  • Le film Days of Heaven de Terrence Malick a été réédité.
  • Il s’agit d’une tragédie romantique et mélodramatique ralentie.
  • Le film a établi la technique de composition caractéristique de Malick.

Une histoire dramatique

Le film se déroule en 1916, avec certains Américains fiévreusement enthousiastes à l’idée de faire fortune dans les vastes étendues de terres agricoles encore inexploitées et conscients que l’engagement dans la guerre européenne est inévitable. Trois vagabonds de Chicago arrivent dans le panhandle du Texas, au nord de l’État, dans l’espoir de trouver du travail saisonnier dans les fermes. Ils sont accompagnés d’Abby (Brooke Adams), une belle jeune femme silencieuse et de sa petite sœur bavarde et agaçante, Linda (Linda Manz), qui est toujours en alerte, effrayée par leur fragilité. Avec eux se trouve l’amant d’Abby, le sombre et colérique Bill (Richard Gere), qui a fui la ville après avoir tué un contremaître d’usine et se fait maintenant passer pour le frère d’Abby.

  • Le film se situe dans le Texas en 1916.
  • Trois vagabonds cherchent du travail dans les fermes.
  • Abby et son amant Bill tentent d’escroquer un riche homme d’affaires.

Une ambiance d’intrigue et de trahison

Les trois arrivent sur une énorme propriété appartenant à l’un des hommes les plus riches de l’État, un personnage mélancolique et raffiné joué par Sam Shepard; il remarque Abby et développe une certaine attirance timide et galante pour elle. Bill, rusé, a entendu le médecin annoncer qu’il ne lui reste qu’un an à vivre et encourage Abby à séduire cet homme pour l’épouser, ce qui les rendrait riches après sa mort imminente. Mais à sa stupéfaction, le marché faustien échoue. Le fermier est revitalisé, voire guéri, par l’amour conjugal, et Abby peut voir comment elle pourrait s’épanouir avec cet homme cultivé. De son côté, Bill, tourmenté par la jalousie, est horrifié par la situation.

  • Les vagabonds tentent de tromper le riche propriétaire pour s’enrichir.
  • Les relations sont marquées par la trahison et l’intrigue.
  • Le film offre une ambiance de tension et de drame.

Un arrière-plan riche et mystérieux

Malick s’est appuyé sur des sources classiques pour créer son propre classique : Les Raisins de la colère de John Steinbeck (avec peut-être une inspiration plus lointaine de Thomas Hardy) et le tableau de Andrew Wyeth, Christina’s World. J’ai remarqué une ressemblance avec un autre maître américain : Henry James. Et bien sûr, le calvaire final de Bill et Abby a quelque chose du duo Bonnie and Clyde ou encore de Butch et Sundance.

  • Le film s’inspire de sources classiques de la littérature et de la peinture américaines.
  • Le film offre une profondeur et une richesse thématique.
  • Malick utilise plusieurs références culturelles pour enrichir l’histoire.

Un regard intime sur le caractère humain

Le film nous révèle l’abîme de subtile iniquité dans la situation que Bill a créée. Le fermier de Shepard invite de bonne grâce Bill et Linda à venir vivre chez lui avec sa nouvelle femme. Lui et Abby jouissent de leur intimité conjugale, qu’Abby semble relativement accepter, mais Bill découvre que son cynisme et sa cupidité ne l’ont pas protégé de son agonie. Cependant, le film offre un éclairage intéressant sur le rôle d’Abby et ses relations avec les autres personnages.

  • Le film offre un regard riche sur la nature humaine et ses aspirations.
  • Il est proposé une analyse pointue des relations entre les différents personnages.
  • Les thèmes abordés dans le film ajoutent une profondeur à l’histoire.

Un ingénieux mélange de réalisme et de visionnaire

Alors que la carrière cinématographique de Malick se poursuivait, une partie de la brièveté et de la clarté réalistes de Days of Heaven seraient moins apparentes, et son travail demanderait au public de respirer l’air pur et raréfié du visionnaire. Mais ce film a révélé son art et sa vocation depuis les premiers jours.

Le film Days of Heaven sortira le 2 février dans les cinémas britanniques et irlandais, et sera disponible sur les plateformes numériques en Australie.