Tribute to a legendary filmmaker: Dario Argento

Il y a un moment révélateur à la fin de ce solide documentaire sur le réalisateur italien Dario Argento, lorsque sa fille Asia se souvient de son état d’esprit lorsqu’il est rentré des David di Donatello en 2019. A 84 ans, Argento n’avait jamais remporté un David pour l’un de ses films étranges et uniques, tels que Profondo Rosso (1975), Suspiria (1977) ou Tenebre (1982). Cependant, cette année-là, l’Académie italienne lui a décerné un prix pour l’ensemble de sa carrière. Asia se souvient qu’à leur retour de la cérémonie, il a haussé les épaules et a dit « sticazzi » – « qui s’en soucie ? ». Selon elle, il se soucie uniquement du travail lui-même, pas des éloges qu’il pourrait susciter.

Ce film ressemble pourtant étrangement à un hommage à vie, rempli de superlatifs et d’anecdotes sur les hauts esprits d’Argento sur le plateau et sa concentration intense sur les détails, comme lorsqu’il vérifiait à plusieurs reprises les aiguilles à coudre disposées dangereusement près des yeux de l’actrice Cristina Marsillach pendant le tournage de Opera (1987). Ou encore lorsque le département de maquillage avait suffisamment recouvert le tatouage de l’estomac d’Asia pendant le tournage d’une scène où elle perd sa virginité dans The Phantom of the Opera (1998) alors que sa grand-mère était assise à proximité sur le plateau. Le réalisateur Simone Scafidi laisse transparaître le côté sombre d’Argento à travers tout le battage médiatique sur son génie.

Réalisé avec la coopération de l’auteur – qui est interviewé à l’écran dans un hôtel où il est censé écrire un nouveau scénario, et apparaît grincheux et querelleur – le documentaire fait un travail très compétent en montant la carrière de manière compréhensible. Les succès et les échecs sont habilement montés ensemble, tout comme le travail au couteau dans ses sagas les plus violentes, tandis que divers collaborateurs des deux côtés de la caméra se remémorent le bon vieux temps. Michele Soavi, par exemple, qui a à la fois joué et été assistant réalisateur pour Argento, se montre particulièrement incisif et franc, tout comme le producteur Vittorio Cecchi Gori, avec sa voix ronflante et volcanique.

Pour clore ce concert d’approbation, les réalisateur Nicolas Winding Refn, Guillermo del Toro et Gaspar Noé interviennent pour louer leur fanatisme mais aussi pour apporter des éloges pertinents. J’ai notamment été frappé par la brillante comparaison de Del Toro entre la réalisation de films d’horreur et la négociation d’otages, et par les talents de Winding Refn à créer une forme d’art presque abstraite. Seul reproche : les sous-titres sont mal corrigés et même quelqu’un qui ne parle pas italien pourra remarquer que les traductions sont souvent assez éloignées des propos originaux.

Dario Argento Panico est disponible à partir du 2 février sur Shudder.