"compromis" proposé par Terra Nova - 1

Nul doute que le sujet des retraites suscitera un débat houleux lors du repas de Noël… Au risque de transformer les festivités en discussions enflammées entre partisans qui soutenaient les arguments du gouvernement sur la nécessité d’étendre l’âge légal à 65 ans, et des opposants convaincus que le régime n’a pas de réels problèmes financiers, sur quoi insistent les syndicats. Pour éviter le drame entre la dinde et la bûche, la lecture du dernier article du think tank gauchiste Terra Nova, intitulé « Une autre réforme possible », publié jeudi 22 décembre, peut-elle faire office de juge de paix ? ? En tout cas, il saura donner matière à réflexion aux discussions.

« Si la réforme des retraites est légitime et nécessaire, il y a pourtant place pour une autre réforme budgétairement efficace et socialement plus juste », écrit l’auteur, Phipaddikt, enseignant d’économie et de finances publiques sous le pseudonyme. La question du financement est le premier constat fait par le think tank. « S’endetter pour payer les retraites, c’est peser sur les générations futures une dette qui n’a pas d’analogue en termes de patrimoine public », souligne l’auteur de la note. Une analyse des syndicats supposant un retour à l’équilibre même en l’absence de réforme dans les années à venir, basée sur les projections du COR (Conseil d’orientation des retraites), est, dit-il, « une lecture biaisée des projections ». Tout en retenant les scénarios de croissance les plus probables, l’étude conclut que « tous les scénarios convergent vers l’existence d’un déficit structurel des retraites jusqu’en 2043 au moins ».

Trois ingrédients

Si le constat est identique à celui fait par le gouvernement, alors les solutions proposées par l’auteur de la note divergent. « Relever l’âge légal à 65 ans n’est pas la seule solution », note-t-il, même si les efforts pour répondre à ce critère ne sont pas « illégaux ». Mais il rappelle qu’il y a deux autres leviers balayés par le gouvernement : la hausse des revenus et la baisse des retraites. « La mobilisation du seul levier de l’âge signifie la concentration d’une épargne importante sur un petit nombre de personnes, à savoir sur les travailleurs proches de l’âge de la retraite et contraints de reporter leur retraite à cause de la réforme », note l’auteur de Zapiska. Même si un levier de carrière était utilisé, la voie actuellement privilégiée du relèvement de l’âge de la retraite n’est pas la seule option : une augmentation de la durée cotisable, moins pénalisante pour les plus modestes, pourrait être utilisée.

Pour parvenir à un cocktail « à la fois financièrement et socialement durable », la note de Terra Nova suggère trois ingrédients. D’abord, un relèvement « raisonnable » de l’âge de la retraite, avec « l’allongement du délai de paiement des cotisations à 43 ans, prévu par la réforme Touraine, tout en portant l’âge légal à 63 ans au lieu de 65 ans ».

Deuxième élément, la contribution des entreprises avec la fin de l’exonération de cotisations de 1,6 à 3,5 Smic et des retraités en désindexant leurs retraites, en indexant « l’inflation sous-jacente » (hors alimentation et énergie) ou « la clause de solidarité intergénérationnelle ». en cas de choc inflationniste (indexation des salaires, pas des prix). Enfin, la note demande que les économies soient réinvesties dans des mesures de soutien aux couches les plus modestes de la population.

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