"Ce lancement de missile anti-satellite russe est une inconscience" › Geeky News - 1

La Russie a effectivement effectué un tir d’essai sur l’un de ses satellites, générant, selon le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, un gros nuage de débris. Cela a obligé les occupants de la Station spatiale internationale (ISS) à se préparer à une éventuelle collision. Selon Moscou, l’intégrité de ses astronautes reste une priorité. Pourtant, pour Damien Giolito, PDG et co-fondateur de la startup Share My Space spécialisée dans la protection des satellites en orbite, le geste de la Russie augmente les risques de « collisions catastrophiques » avec des débris. Un scénario qui inquiète de plus en plus les acteurs de l’espace.

L’Express : Comment réagissez-vous à la confirmation par la Russie du lancement d’un missile contre l’un de vos satellites ? Cela aurait généré plus de 1 500 débris orbitaux traçables, et probablement des milliers de plus petits.

Damien Giolito : Dans le contexte actuel, qui se caractérise déjà par un risque accru d’accidents lié à la présence de débris, c’est l’inconscience. En 2007, nous avions déjà eu une opportunité similaire en Chine. Le test, qui consistait à détruire un satellite météorologique inutilisable sur Terre, avait généré plusieurs milliers de débris. Deux ans plus tard, les satellites Iridium-33 et Kosmos-2251 sont entrés en contact, créant à nouveau une grande quantité de débris, se déplaçant à 30 000 km/h. Quinze ans plus tard, on n’en est toujours pas débarrassé puisque ces deux incidents sont à l’origine de la moitié des alertes de collision. Aujourd’hui, les acteurs spatiaux craignent un incident majeur qui se traduirait par la création d’un nuage de débris et d’accidents en cascade. En fin de compte, nous passons d’une situation où nous avons un incident grave tous les dix ans à une situation où nous voyons un cas problématique chaque année. En mars dernier, une collision s’est produite entre un satellite chinois déclassé et une fusée russe. Avec le lancement de missile cette semaine, nous avons réduit à deux incidents cette année. Par ailleurs, la trajectoire ascendante du projectile russe risque d’avoir des débris répartis sur plusieurs orbites, ce qui est moins le cas lorsque deux satellites entrent en contact frontal. C’est sans doute ce qui inquiétait les occupants de la Station spatiale internationale.

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Le volume gigantesque de l’espace autour de la Terre ne réduit-il pas les risques ?

Aujourd’hui, on ne peut plus dire que l’espace est vide. Avant, c’était possible de le dire car il n’y avait pas beaucoup de satellites opérationnels. On parle désormais de constellations de plusieurs dizaines de milliers voire plusieurs centaines de milliers d’unités. Dans ces conditions, le seuil de probabilité qui déclenche une manœuvre d’évitement (une chance sur 10 000) prend une toute autre dimension. On peut rêver de satellites capables d’éliminer les déchets que l’homme laisse dans l’espace. Mais selon toute vraisemblance, nous ne pourrons pas nous permettre de nettoyer les orbites pendant longtemps. Par conséquent, le seul moyen d’éviter les accidents est de déplacer les satellites potentiellement menacés. Le problème ? Nous n’avons pas une connaissance parfaite du nombre d’objets spatiaux en orbite. Selon l’Agence spatiale européenne, 900 000 débris et satellites tournent constamment autour de notre planète. L’US Air Force en suit 25 000, en utilisant des radars coûteux. Mais cela ne représente que 3% du trafic. Imaginez : c’est comme si vous conduisiez une voiture et que vous ne voyez pas 97 % du trafic.

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Comment expliquer ce retard de détection par rapport à l’enjeu ?

Il y a d’abord le déni. Comme pour le nettoyage des océans, on attend d’être contre le mur pour réagir. Ensuite, la surveillance des objets spatiaux se fait principalement à des fins militaires. Certes, depuis 2014, l’US Air Force met des messages d’avertissement de collision à la disposition des opérateurs de satellites. Mais cette situation où les militaires l’emportent sur les civils n’a pas favorisé les études, les recherches et la capture de petits débris spatiaux. Enfin, jusqu’à présent, il a été très difficile, voire impossible, de cataloguer des objets en orbite basse avec des télescopes. C’est en train de changer. Notre startup, par exemple, a développé et breveté une station qui permet d’observer une couronne du ciel en continu la nuit et de capter tous les débris qui la traversent grâce à une technologie de télescope poussée à l’extrême. À terme, cela permettra d’obtenir une base de données de 150 000 objets, soit six fois plus que le catalogue de référence dont dispose l’US Air Force. Le début d’une solution.

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