Les prémices de la chute du mur de Berlin pourraient remonter aux manifestations de décembre 1970 en Pologne contre la hausse des prix alimentaires, violemment réprimées par les autorités. Le réalisateur Tomasz Wolski revisite de manière satirique ces événements à travers des images d’archives en noir et blanc accompagnées d’effets sonores ambiants. Il insère des marionnettes animées en stop-motion représentant les médiocres apparatchiks du parti au pouvoir, dirigés de manière terne depuis leurs salles enfumées, se disputant en grognant et paniquant, synchronisant leurs mouvements avec des enregistrements audio récemment récupérés de leurs téléphones sur écoute. L’effet est celui d’un mauvais rêve, bien que vivre ces événements ait dû être un cauchemar. Les manifestations se sont transformées en un mouvement colossal dans de nombreuses villes, dont Gdansk, et ont été violemment réprimées par les autorités polonaises, tuant 44 personnes et en blessant plus d’un millier, bien qu’elles aient finalement fait des concessions en annulant les hausses de prix et en forçant le Premier ministre Władysław Gomułka à démissionner. Les manifestations ont également impliqué le jeune syndicaliste Lech Walesa et ont été l’étincelle qui a allumé le mouvement Solidarité, montrant ainsi au monde qu’il était possible de manifester derrière le rideau de fer. Un film intrigant et mordant.
- Les manifestations de décembre 1970 en Pologne ont été violemment réprimées par les autorités.
- Les images d’archives en noir et blanc sont accompagnées d’effets sonores ambiants.
- Le réalisateur Tomasz Wolski utilise des marionnettes animées en stop-motion pour représenter les dirigeants du parti au pouvoir.
- Les manifestations ont conduit à des concessions des autorités polonaises et à la démission du Premier ministre Władysław Gomułka.
- Le mouvement Solidarité a été en partie inspiré par les événements de 1970 en Pologne.
